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Apple affirme que Fortnite était en perte de vitesse sur iOS, l'intérêt de Fortnite ayant diminué de 70% sur un an.
Cette bataille juridique serait plutôt un coup médiatique

Le , par Stéphane le calme

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Apple a répondu aux demandes d'Epic visant à ce que le fabricant d'iPhone rétablisse Fortnite sur l'App Store dans de nouveaux dépôts juridiques, affirmant que les blessures de l'entreprise sont « entièrement auto-infligées » et que Fortnite peut revenir sur iOS à tout moment, à condition qu’Epic supprime le système de paiement intégré à l'application qui a déclenché la suppression du jeu en premier lieu.

Apple n’utilise pas de nouveaux arguments. Depuis que l’éditeur a supprimé Fortnite de l'App Store en août, le fabricant d'iPhone a clairement indiqué qu'il serait heureux de revenir au statu quo. Mais ces dépôts offrent plus de détails sur les arguments juridiques sur lesquels Apple s'appuiera dans sa réponse à la demande d'Epic d'une injonction préliminaire et de la restauration de Fortnite aux utilisateurs d'iOS. Une audience complète du tribunal pour trancher cette question est prévue pour le 28 septembre.

Tout au long du dépôt, Apple réitère son argument principal : que la société fournit un service précieux en maintenant l'App Store, et qu'en contournant les règles de l’App Store, Epic a rompu son contrat avec Apple et l'entreprise est libre de lui refuser l’accès à ses services. Mais Apple ajoute également de nouveaux détails. Apple suggère, par exemple, qu'Epic a entamé cette bataille juridique en partie pour attirer l'attention sur une franchise en déclin.

« Pour des raisons n'ayant rien à voir avec les allégations d'Epic contre Apple, la popularité de Fortnite est en déclin. En juillet 2020, l'intérêt pour Fortnite avait diminué de près de 70 % par rapport à octobre 2019. Ce procès (et les gros titres qu'il a générés) semble faire partie d'une campagne de marketing conçue pour redynamiser l'intérêt pour Fortnite. »

Ailleurs, Apple note qu'iOS ne représente pas une grande partie des revenus de Fortnite. Il cite des révélations d'Epic selon lesquelles seulement 10% des consommateurs de Fortnite jouent régulièrement sur l'iPhone, et affirme qu'Epic a déclaré qu'Apple était le « plus petit morceau du gâteau» en matière de revenus. Encore une fois, cela implique qu'Epic ne subit pas de « préjudice irréparable » (comme la société l'a affirmé dans ses propres documents), mais fait tout un plat pour d'autres raisons personnelles.

Parallèlement à cet argument, Apple maintient que l'affirmation d'Epic selon laquelle il a subi un « préjudice à la réputation » en raison de la suppression de Fortnite de l'App Store est également trompeuse. Le fabricant d'iPhone affirme que le « Blitzkrieg média préplanifié » d'Epic montre qu'il s'agit en fait d'une attention accueillante créée par cette affaire (le Blitzkrieg - « guerre éclair » - est une tactique à visée opérationnelle militaire offensive visant à emporter une victoire décisive par l'engagement localisé et limité dans le temps d'un puissant ensemble de forces motorisées, terrestres et aériennes dans l'optique de frapper en profondeur la capacité militaire, économique ou politique) :

« Si Epic craignait vraiment de subir une atteinte à sa réputation en raison de ce différend, elle ne s'engagerait pas dans ces efforts élaborés pour en faire la publicité. De toutes les apparences (y compris la campagne #freefortnite), Epic pense que sa conduite ici engendrera de la bonne volonté, renforcera sa réputation et conduira les utilisateurs à Fortnite, et non l'inverse. Ce n’est pas un mal. »


Les arguments d'Apple pour justifier que la Cour ne devrait pas accéder à la demande d'Epic de l'obliger à restaurer Fortnite sur l'App Store

L’éditeur fait valoir que :

« Depuis que Fortnite a fait ses débuts sur l'iPhone en 2018, Apple a fourni à Epic une gamme exceptionnelle d'avantages. Apple a concédé une licence à Epic pour sa suite complète d'outils de développement, qu'Epic a utilisée pour effectuer plus de 200 modifications revues par Apple; à la demande d'Epic, Apple a proposé plus de 140 mises à jour uniques aux utilisateurs finaux et a apporté des modifications systémiques pour améliorer le jeu dans Fortnite. Apple a fourni un énorme soutien marketing en faisant la promotion de Fortnite dans l'App Store, en présentant Fortnite lors d'événements principaux, en envoyant plus de 500 millions de communications marketing sur Fortnite aux utilisateurs finaux et en plaçant même des panneaux d'affichage Fortnite à Times Square aux frais d'Apple. Peut-être plus important encore, Apple a donné à Epic l'accès à son milliard de clients iPhone et a facilité les transactions avec eux à l'aide de l'App Store sûr et sécurisé. Plus de 130 millions de personnes ont téléchargé Fortnite sur l'iPhone, rapportant à Epic plus de 550 millions de dollars grâce à iOS uniquement. Pour tout cela, Epic a payé à Apple seulement 99 $ par an pour une licence de développeur, plus une commission de 30 % sur les achats numériques par les utilisateurs finaux.

« Epic veut maintenant jouer selon des règles différentes - il veut continuer à profiter de ces avantages étendus et coûteux de l'écosystème d'Apple, y compris un accès continu aux clients iPhone d'Apple - gratuitement. Pour éviter de payer Apple, Epic a introduit en contrebande dans Fortnite un ‘correctif’ qui contournait la fonctionnalité de paiement de l'App Store, en violation délibérée de ses promesses contractuelles qui interdisent de tromper le système. Simultanément, le PDG d'Epic, Tim Sweeney, a déclaré la guerre à Apple ‘sur une multitude de fronts: créatif, technique, commercial et juridique’. Apple a raisonnablement répondu en exerçant son droit absolu de supprimer Fortnite de l'App Store et en mettant fin aux privilèges de développeur d'Epic et de ses affiliés, à moins et jusqu'à ce qu'Epic revienne en conformité avec les politiques d'Apple. Epic refuse de le faire et demande à la place à la Cour de rendre une ordonnance extraordinaire portant sur les accords des parties afin qu’Epic puisse utiliser les services d’Apple sans payer de commissions.

« La requête d'Epic devrait être rejetée, car elle n'a pas réussi à répondre à l'un des quatre facteurs traditionnels d'équité nécessaires pour justifier une injonction préliminaire :


« Apple n'est pas en situation de monopole et Epic ne réussira probablement pas sur le fond de son argument selon lequel le modèle commercial intégré de l'iPhone viole les lois antitrust. En effet, aucun tribunal n’a jamais accepté une réclamation comme celle-ci, et la pure nouveauté de la position d’Epic empêche une injonction préliminaire. L'App Store connecte les développeurs d'applications aux utilisateurs d'iPhone pour des transactions commerciales. Apple facture aux développeurs, en plus de frais annuels nominaux, une commission sur les applications payantes et les achats numériques intégrés aux applications par les utilisateurs finaux. Cette approche et cette structure de commission, qui sont courantes dans l'industrie, fournissent à Apple un retour financier sur ses investissements importants dans la création, la sauvegarde et la maintenance de l'écosystème iPhone - qui a alimenté une augmentation exponentielle de la production d'appareils mobiles et d'applications, qui a considérablement bénéficié aux utilisateurs et développeurs, apportant un choix considérablement accru des consommateurs. En termes simples, le modèle économique de l'iPhone est résolument concurrentiel. En conséquence, les théories d’Epic sur le ‘maintien du monopole’ échoueront sur le fond.

« Epic ne peut pas non plus démontrer de préjudice irréparable, ce qui est une raison suffisante pour rejeter sa requête en injonction préliminaire. Epic a allumé un incendie et a versé de l'essence dessus, et demande maintenant à la Cour une aide d'urgence pour l'éteindre, même si Epic peut le faire elle-même en un instant en adhérant simplement aux conditions contractuelles qui ont régi avec profit sa relation avec Apple depuis des années. Cette Cour avait raison lorsqu'elle avait précédemment jugé que ‘les blessures auto-infligées ne sont pas des blessures irréparables’. Epic a créé la situation actuelle en déclenchant son ‘correctif’, sachant qu'Apple invoquerait ses droits contractuels pour protéger les clients iPhone. Apple est légalement et équitablement en droit de rompre les liens avec un parti qui persiste à enfreindre les règles et les affiliés de ce parti; en conséquence, Apple a supprimé Fortnite de l'App Store et expulsé Epic du programme pour développeurs. Apple a adopté cette approche des milliers de fois avec d'autres développeurs et leurs affiliés. Il n'y a aucune raison pour que cette Cour accorde une réparation extraordinaire lorsque Epic lui-même peut éviter tout autre préjudice - à lui-même, aux joueurs de Fortnite ou à des tiers - en appuyant sur une touche, et "maintenir ses accords avec Apple ... pendant que ce litige se poursuit."

« L'équilibre des difficultés favorise Apple. Le ‘correctif’ d’Epic n’était pas simplement une rupture de contrat ouverte, mais un abus de confiance fondamental. Apple promet à ses clients que l'App Store sera un endroit sûr et digne de confiance pour que les clients découvrent et téléchargent des applications. En insérant des fonctionnalités secrètes et non examinées dans une application, Epic menace la relation entre les clients Apple et iPhone. Permettre à Epic de continuer à offrir Fortnite et Unreal Engine sans se conformer aux exigences d'Apple mettrait en danger la confidentialité et la sécurité des clients iPhone, ainsi que la stabilité et l'intégrité de l'écosystème iPhone.

« Enfin, l'intérêt public justifie le refus d'une injonction parce qu'Epic est responsable de nuire à la communauté même qu'elle prétend protéger. Si Epic était vraiment préoccupé par la préservation de l'accès des utilisateurs d'iPhone à Fortnite ou de l'accès des développeurs à Unreal Engine, il désactiverait le ‘correctif’ et se conformerait aux politiques d'Apple en attendant la résolution de ses réclamations. Au lieu de cela, Epic tient ses propres clients en otage pour obtenir un effet de levier dans un différend commercial. En revanche, Apple protège un milliard d'utilisateurs d'iPhone menacés par les actions d'Epic (et l'injonction demandée). Cette Cour devrait sanctionner une telle activité non autorisée et dangereuse et ne devrait pas priver Apple de la capacité de protéger ses utilisateurs contre de telles attaques, en particulier étant donné le stade très précoce de ce litige ».

Source : Apple

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/10/2020 à 14:41
La décision d'Epic de contourner les politiques de l'App Store d'Apple était malhonnête,
selon un juge américain

La tournure des événements montre que le bras de fer en Apple et Epic annonce un long et difficile procès à venir, une bataille judiciaire qui pourrait remodeler le modèle économique des boutiques d’applications mobiles. Au cours de l’audience de ce lundi, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a entendu les arguments sur la demande d'Epic pour une injonction temporaire dans son affaire contre Apple. Elle a critiqué la décision d’Epic de rompre son contrat avec le fabricant d’iPhone, avant d’inviter les deux parties à porter leur différend antitrust devant un jury.

Le 13 août dernier, Epic publiait une mise à jour de Fortnite sur iOS et sur Android intégrant un système de paiement in-app qu’il a conçu lui-même pour outrepasser le système de paiement d’Apple et de Google qui prélève instantanément 30 % de commissions sur tout achat dans les applications. Résultat, Apple a immédiatement retiré Fortnite de l’App Store et a ensuite porté d’autres menaces contre le créateur de jeux. Ces agissements d’Epic et d’Apple ont entraîné ces deux géants dans une bataille juridique depuis le mois d’août, et l’affaire pourrait durer longtemps.

En effet, Epic cherche à obtenir une ordonnance judiciaire temporaire qui obligerait Apple à débloquer Fortnite sur l’App Store, le point principal de l'audience du lundi. Mais après qu’Epic a fait part de ses arguments au juge Rogers, celle-ci a exprimé son scepticisme quant à ces derniers, et en particulier son affirmation selon laquelle il ne constituait pas une menace pour la sécurité d'Apple, car il s'agit d'une société et d'un partenaire bien établi. Il semblerait qu’elle considère qu’Epic a rompu son contrat en tout état de cause et donc qu’il est normal qu’il en subisse les conséquences.

« Epic savait qu'il violait son contrat avec Apple lorsqu'il a publié la mise à jour, mais il l'a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise. C'est la question de sécurité. C'est la question de sécurité ! », a lancé Rogers à Epic, selon un rapport de CNN Business. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais ce n'est toujours pas honnête », a ajouté Rogers. Selon le rapport publié par CNN Business, l’audience s’est déroulée sur Zoom et aura duré environ trois heures.


Mais pendant cette période, il s’avère qu’aucune des questions en suspens dans le procès antitrust en cours d’Epic Games contre Apple n’a été réglée, y compris celle du retour de Fortnite sur l’App Store. À ce propos, le New York Times a rapporté qu’une décision sur ce sujet était attendue dans les prochains jours. De son côté, Apple a justifié les politiques de l'App Store en partie comme un moyen de protéger les utilisateurs contre les risques de sécurité et les logiciels malveillants. Cela dit, l’on a un peu de mal à lier les 30 % de commissions à une initiative de protection de la vie privée.

Les avocats d'Epic ont tous reconnu que la société a violé son accord avec Apple, mais ont affirmé qu'Epic refusait tout simplement de se conformer à un contrat anticoncurrentiel, et que forcer une bataille juridique faisait partie du plan d'Epic. « Quand vous vous attaquez à la plus grande société du monde, et que vous l'attaquez là où vous savez qu'elle va riposter, vous n’allez pas vous allonger dans la rue pour mourir. Vous planifiez très soigneusement la façon dont vous allez réagir », a déclaré lundi Katherine Forrest, l’un des avocats d’Epic Games.

Epic est ferme sur sa position depuis le début de l’affaire, alléguant que le fabricant d’iPhone, par le biais de ses règles de développement, abuse de son emprise sur l'App Store pour nuire à l'innovation, à la concurrence et aux consommateurs sur le marché des ventes d'applications iOS. Selon lui, des dizaines d’utilisateurs de l’iOS ont été lésés par ce qu’il a décrit comme une décision de représailles d'Apple visant à retirer Fortnite de l'App Store. « La décision démontre le contrôle à toute épreuve d'Apple et le maintien d'un monopole illégal », a soutenu Epic.

Epic voit également le système propriétaire de paiement in-app d’Apple tel un système de vente liée illégale. Mais d’après le juge Rogers, il n’y a pas de vente liée avec le système de paiement intégré de la marque à la pomme. « Je ne suis pas particulièrement convaincue », a-t-elle déclaré à propos du mécanisme de paiement au moyen du système proposé par Apple. « Je ne vois simplement pas cela comme un produit séparé et distinct ». Rogers n’a pas non plus retenu l'argument d'Epic disant qu’Apple a porté préjudice à la distribution de Fortnite en raison du contrôle exclusif d'Apple sur son magasin d’applications.

Elle a brandi l’argument selon lequel les joueurs de Fortnite sur iOS ont une variété de choix afin d’accéder au jeu même s'il n'est plus disponible l’App Store. « Les jardins clos existent depuis des décennies », a -t-elle déclaré. « Nintendo a eu un jardin clos. Sony a eu un jardin clos. Microsoft a eu un jardin clos. Ce qu’Apple fait n'est pas très différent. Il est difficile d'ignorer l'économie de l'industrie, et c'est ce que vous me demandez de faire », a ajouté Rogers. Pour sa part, Apple a allégué qu’Epic a de grandes ambitions et qu’il veut inciter les gens à voir Apple différemment.

Les avocats du fabricant d’iPhone ont en effet allégué que Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, tente de mener une révolte de développeurs qui coupe au cœur du modèle économique d'Apple. « Sweeney essaie d'être le joueur de flûte des autres développeurs », a déclaré Ted Boutrous, un des avocats d’Apple. Il a ajouté qu'Epic veut que les autres aussi « trichent, violent leur accord et introduisent en douce des logiciels pour contourner l'examen de l'application ». « Une conclusion en faveur d'Epic serait un feu vert pour d'autres entreprises et ce serait très dangereux », a-t-il soutenu.

L'affaire entre Epic et Apple est considérée comme un procès qui pourrait faire date, un procès qui teste les frontières du droit antitrust, a déclaré la juge Rogers. Elle n'a pas donné de délai pour une décision sur l'injonction. Elle a également déclaré qu'étant donné son calendrier, l'affaire ne devrait pas être jugée avant juillet 2021. Enfin, elle a déclaré qu’elle préférerait que l'affaire soit jugée devant un jury. « Je sais que je ne suis qu'un tremplin pour vous tous », a-t-elle déclaré lundi.

Source : Reuters

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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/09/2020 à 8:26
Epic, Spotify et Tinder forment une coalition pour défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store
Et l’écosystème des applications en général

Le pouvoir exact que les propriétaires de magasins d'applications devraient avoir sur les développeurs est une question controversée ces derniers temps. Le cas de la bataille juridique entre Apple et Epic Games en est une illustration. À la réalité la liste de tels affrontements est plus longue. Désormais, tous les développeurs d’applications qui ont fait face à Apple dans les derniers mois coalisent. À date, ils sont une dizaine réunis dans le cadre d’une organisation à but non lucratif dont le but est de défendre la liberté de choix et la concurrence loyale sur l’App Store et l’écosystème des applications en général.

À côté d’Epic Games qui a fait interdire son jeu à succès Fortnite sur l'App Store pour avoir mis en place son propre système de paiement intégré à l'application, on retrouve : Spotify qui a déposé une plainte antitrust contre Apple dans l'UE ; ProtonMail dont le PDG a déclaré qu'Apple tenait les développeurs en otage avec les 30 % de frais ; Basecamp qui a qualifié les politiques d'Apple d'exploitation après que des mises à jour de son application de messagerie Hey ont fait l’objet de blocage pour avoir utilisé la même technique de facturation que Netflix.


Les griefs contre Apple

« Apple utilise son contrôle du système d'exploitation iOS pour s'attribuer des faveurs en contrôlant les produits et les fonctionnalités qui sont à la disposition des consommateurs. Apple exige des fabricants d'équipements qu'ils limitent les options, oblige les développeurs à vendre par l'intermédiaire de son App Store et va même jusqu'à voler les idées des concurrents », indique la coalition à propos du positionnement de monopole d’Apple.

« Pour la plupart des achats effectués dans son App Store, Apple prélève 30 % du prix d'achat. Aucun autre frais de transaction - quel que soit le secteur d'activité - ne s'en approche.

Cette taxe sur les applications réduit considérablement le pouvoir d'achat des consommateurs et étouffe les revenus des développeurs. C'est particulièrement injuste lorsque cette taxe est imposée à des applications qui sont en concurrence directe avec des applications similaires vendues par Apple. Cela place les entreprises dans une position concurrentielle nettement désavantageuse et fait donc augmenter les prix pour les consommateurs.

Les développeurs constatent qu'une taxe de 15 à 30 % sur l'App Store d'Apple représente une part énorme de leurs revenus et ne peuvent souvent s'y opposer. Ils font valoir que lorsqu'ils sont en concurrence avec l'une des applications d'Applela situation devient encore plus difficile.

Apple a introduit pour la première fois la redevance de 30 % sur les applications en 2011, ce qui a obligé de nombreuses applications à cesser complètement leurs activités. Treehouse, une plateforme de formation en ligne, a développé une application basée sur la lecture, iFlow Reader, qui a été l'une des nombreuses victimes de la nouvelle taxe imposée. "Apple vient de larguer une bombe nucléaire sur nous tous", a déclaré publiquement Treehouse, précisant que les "nouvelles règles draconiennes" avaient rendu "impossible pour quiconque, sauf Apple, de vendre des livres à profit sur iOS".

Le cofondateur d'Apple, Steve Jobs, dans un courriel interne, a montré peu de sympathie pour le petit développeur. Il l'a dit à d'autres dirigeants d'Apple : "Nous n'avions pas de politique et maintenant nous en avons une et il y aura des morts sur la route à cause de cela. Je ne me sens pas coupable".

Les développeurs et les créateurs veulent qu'Apple ouvre sa plateforme App Store afin que toute entreprise puisse construire des logiciels à ses propres conditions et les diffuser librement. Les utilisateurs devraient également avoir la possibilité d'installer des logiciels, gratuitement, de n'importe où, afin que les règles du jeu soient les mêmes pour tous et qu'il y ait une véritable concurrence dans le domaine du développement et de la distribution de logiciels.

Un marché équitable et équilibré signifierait que chaque fournisseur de logiciel et chaque fournisseur de composants peuvent se faire concurrence sur iOS sans être contraints par des conditions et des limitations qui ont été élaborées par la société qui vient de programmer le système d'exploitation de l'appareil d'un utilisateur. Tout comme chaque partie de l'économie du web est ouverte à la concurrence, chaque partie de l'économie des applications doit être ouverte à la concurrence », indique la coalition pour ce qui est des frais en vigueur sur l’App Store.


« À l'aube de la révolution des ordinateurs personnels, les logiciels étaient quelque chose que l'on achetait dans un magasin, et tant que le système d'exploitation correspondait, ils fonctionnaient sur n'importe quel ordinateur.

C'est pourquoi aujourd'hui, les logiciels pour ordinateurs personnels sont largement disponibles sur le web pour chaque système d'exploitation. L'idée qu'un consommateur ne puisse utiliser que des logiciels vendus par le même fabricant que son ordinateur portable semble ridicule. Sauf que c'est exactement la règle qu'Apple a imposée aux appareils personnels dans des milliards de poches.

Les applications iPhone ne sont disponibles que via l'App Store d'Apple. Si les consommateurs veulent qu'une application fonctionne sur leur appareil mobile, le développeur de l'application doit suivre les règles, les taxes et les exigences d'Apple. Mais si les consommateurs veulent utiliser cette même application depuis leur ordinateur, les règles, les taxes et les exigences ne s'appliquent pas. C'est un château de cartes.

Voici un exemple de la façon dont ce problème se manifeste : Epic produit l'un des jeux vidéo les plus populaires de tous les temps, Fortnite. Si un joueur de Fortnite achetait une mise à jour sur l'App Store, il pourrait se voir facturer 9,99 $. Cependant, cette même mise à jour ne coûte que 7,99 $ lorsqu'elle est achetée directement par l'intermédiaire d'Epic.

Alors pourquoi est-il plus cher pour les joueurs d'acheter une mise à jour de Fortnite sur l'App Store ? Une raison : la taxe sur les applications. Lorsqu'un consommateur paie une mise à niveau Fortnite via son appareil mobile, Apple perçoit sa taxe arbitraire sur l'application. En revanche, lorsque le service est payé directement par Epic, ce dernier peut répercuter les économies réalisées sur les clients - mais voici le hic : Apple indique expressément aux développeurs qu'ils ne sont pas autorisés à informer leurs clients sur les options moins coûteuses, sous peine d'être bannis de l'App Store.

Pensez à cela un peu différemment : une boîte de Cheerios coûte environ 3 $ chez Kroger, mais il arrive que Cheerios offre un coupon qui ramène le prix à 2,50 $ dans tous les magasins qui proposent des Cheerios. Ce que fait Apple, c'est un peu comme si Kroger disait aux Cheerios qu'elles n'ont pas le droit d'offrir des coupons, et que si elles le font, les Cheerios risquent d'être expulsées de l'allée des céréales. Les consommateurs ne toléreraient pas ce type de comportement monopolistique sur leurs céréales, alors pourquoi devraient-ils l'autoriser pour les applications utilisées sur leurs appareils mobiles ?

Qu'il s'agisse de leur ordinateur personnel ou de leur appareil mobile, les consommateurs méritent et doivent s'attendre à un choix illimité en ce qui concerne le lieu, le moment et la manière dont ils achètent les applications ou les logiciels », ajoute la coalition pour ce qui est de la limitation des libertés des utilisateurs.

La vision de la coalition

Les plateformes en ligne les plus populaires au monde et les app stores qui en régissent l'accès sont devenus une passerelle essentielle pour les consommateurs de produits et services numériques du monde entier. Si elles peuvent être bénéfiques lorsqu'elles sont exploitées de manière équitable, elles peuvent également être utilisées par les propriétaires de plateformes pour nuire aux développeurs et aux consommateurs. Alors que les responsables de l'application des lois, les régulateurs et les législateurs du monde entier cherchent à résoudre ces questions importantes, nous les invitons à reconnaître que chaque développeur d'applications, quelle que soit sa taille ou la nature de son activité, a droit à un traitement équitable de la part de ces app stores et des propriétaires de plateformes qui les exploitent, et devrait se voir accorder les droits suivants :

#1 Aucun développeur ne devrait être tenu d'utiliser exclusivement un app store ni de recourir aux services auxiliaires du propriétaire de l'app store y compris les systèmes de paiement ou d'accepter d'autres obligations supplémentaires pour avoir accès à l'App Store.

#2 Aucun développeur ne doit être banni de la plateforme ou faire l'objet d'une discrimination fondée sur le modèle commercial d'un développeur, la manière dont il fournit le contenu et les services, ou s'il est en concurrence d'une quelconque manière avec le propriétaire de l'App Store.

#3 Chaque développeur devrait disposer en temps utile des mêmes interfaces d'interopérabilité et informations techniques que le propriétaire de l'App Store met à la disposition de ses propres développeurs.

#4 Chaque développeur devrait toujours avoir accès aux magasins d'applications tant que son application répond à des normes équitables, objectives et non discriminatoires en matière de sécurité, de confidentialité, de qualité, de contenu et de sécurité numérique.

#5 Les données d'un développeur ne doivent pas être utilisées pour le concurrencer.

#6 Tout développeur devrait toujours avoir le droit de communiquer directement avec ses utilisateurs par le biais de son application à des fins commerciales légitimes.

#7 Aucun propriétaire d'App Store ne doit s'engager dans la publicité de ses propres applications ou services, ou interférer avec le choix des préférences ou des défauts des utilisateurs.

#8 Aucun développeur ne devrait être tenu de payer des frais ou des parts de revenus injustes, déraisonnables ou discriminatoires, ni de vendre au sein de son application ce qu'il ne souhaite pas vendre, comme condition d'accès à l'App Store.

#9 Aucun propriétaire d'App Store ne doit interdire à des tiers de proposer des boutiques 'applications concurrentes sur sa plateforme, ni décourager les développeurs ou les consommateurs de les utiliser.

#10 Tous les App Stores seront transparents en ce qui concerne leurs règles et politiques et leurs possibilités de promotion et de commercialisation, les appliqueront de manière cohérente et objective, notifieront les changements et mettront à disposition une procédure rapide, simple et équitable pour résoudre les litiges.

Source : Coalition for App fairness

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative ? L’industrie du développement informatique en avait-elle besoin ?
Quel commentaire faites-vous des dix exigences formulées par la coalition ? Quelles sont celles qui ne vous paraissent pas équitables pour chacune des parties (propriétaires de boutiques d’applications et développeurs) ?

Voir aussi :

Face au Congrès américain, Jeff Bezos déclare qu'il ne peut pas garantir que les employés d'Amazon n'ont pas accès aux données des vendeurs tiers pour favoriser les produits de son entreprise
Fortnite aurait fait exploser les bénéfices d'Epic Game en 2018 jusqu'à 3 milliards de dollars grâce notamment à la vente de contenus additionnels
Après un bras de fer qui aura duré près de deux ans, Epic abandonne le combat et publie Fortnite sur PlayStore, regrettant que Google rende extrêmement mince la possibilité d'éviter le Play Store
Google assure que Fortnite ne bénéficiera d'aucun traitement de faveur sur le Play Store s'il veut revenir et que sa taxe de 30 % est valable pour tous, Epic dénonce un abus de position dominante
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/09/2020 à 21:45
À partir du 23 septembre 2020, Fortnite : Save the World ne sera plus jouable sur macOS
Epic Games indique qu'il va procéder à des remboursements et précise les conditions d'éligibilité aux joueurs

En août, Epic a noté que lorsqu'il a donné aux utilisateurs de son application Fortnite le choix de la façon dont ils pouvaient faire des achats, Apple a répliqué en supprimant Fortnite de son App Store. Puis, quand Epic a poursuivi Apple pour s’attaquer à son abus supposé de position dominante sur les magasins d'applications et les paiements intégrés, Apple a riposté avec férocité. Apple a donné à Epic jusqu'au 28 août pour remédier à la situation sous peine de se voir couper son accès à tous les outils de développement nécessaires pour créer des logiciels pour les plateformes d'Apple, y compris pour les offres Unreal Engine Epic aux développeurs tiers.

Epic a décidé de solliciter la cour à ces sujets, lui demandant notamment d'exiger qu'Apple rétablisse Fortnite sur sa vitrine de téléchargement, mais de lui interdire de révoquer son accès aux outils de développement iOS et macOS en représailles de l’introduction de l’introduction d’une nouvelle option de paiement dans Fortnite. Le juge lui a donné gain de cause sur le second volet, mais pas sur le premier, interdisant donc à Apple de bloquer Unreal Engine.

Une fois le délai du 28 août arrivé, Apple a officiellement résilié le compte Epic Games sur l'App Store vendredi 28 août. Cela signifie que l'application n'est plus disponible sur l'iPhone ou l'iPad, même si vous l'avez déjà téléchargée une fois auparavant - et d'autres jeux Epic comme Infinity Blade ne sont plus téléchargeables.

Les utilisateurs sur macOS ont eu un petit sursis. Epic se dit maintenant contraint de désactiver la version macOS de Fortnite: Save the World, la version PvE de Fortnite, distincte du Battle Royale. PvE, l'acronyme de Player Versus Environment, désigne un système où le joueur s'engage dans le combat contre des PNJ (Personnage non-joueur ou personnage non jouable) ; combat contre des monstres, résolutions d'enquêtes, exploration, etc.

Epic explique que Fortnite ne sera bientôt plus jouable sur ce système d'exploitation. En plus de rejeter ouvertement la faute sur Apple, l’éditeur s’est engagé à rembourser les joueurs privés de Fortnite : Save the World alors qu’ils ont dépensé quelques euros pour en profiter. La condition est d'y avoir joué entre le 17 septembre 2019 et le 17 septembre 2020. Les concernés n’auront rien à faire, simplement à attendre que la procédure soit effectuée (d’ici le 2 octobre) :

« Apple empêche Epic de signer des jeux et des correctifs pour une distribution sur Mac, ce qui met fin à notre capacité à développer et à proposer Fortnite: Save the World pour la plateforme. Plus précisément, notre prochaine version v14.20 entraînera des bogues pour les joueurs sur la version 13.40, ce qui entraînera une très mauvaise expérience. Étant donné que nous ne sommes plus en mesure de signer des mises à jour et de publier des correctifs pour ces problèmes, à partir du 23 septembre 2020, Fortnite: Save the World ne sera plus jouable sur macOS.


« Nous émettons un remboursement pour tous les joueurs qui ont acheté des packs Starter ou Founder’s de Save the World (y compris les mises à niveau) et ont joué à Save the World sur macOS entre le 17 septembre 2019 et le 17 septembre 2020. De plus, tout V-Bucks acheté dépensé sur les lamas sur macOS au cours de cette période sera également remboursé. À partir d'aujourd'hui, 17 septembre 2020, les packs de démarrage Save the World ne seront plus disponibles à l'achat sur macOS.

« Notez que cela peut prendre jusqu'au 2 octobre 2020 pour recevoir le remboursement sur votre compte bancaire.

« Aucune action n'est requise de votre part pour recevoir le remboursement et vous conserverez tous les V-Bucks et articles déjà achetés sur votre compte. Les joueurs pourront toujours jouer à Save the World sur PC, PlayStation et Xbox, et grâce à la progression croisée, vos héros, schémas et tout le reste de votre Homebase seront automatiquement transférés sur les plateformes prises en charge.

« Fortnite : Battle Royale reste jouable pour les utilisateurs de Mac pour le moment sur la version v13.40, mais ne reçoit plus de mises à jour de version en raison des actions d'Apple. La dernière version de Fortnite: Battle Royale est disponible sur PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, PC, GeForce Now et sur Android via l'application Epic Games sur epicgames.com et le Samsung Galaxy Store ».

Fortnite : Save the World continue donc d’être accessible et mis à jour sur les autres plateformes (Xbox One, PS4, PC). Grâce à la fonctionnalité cross-progression, les joueurs sur macOS peuvent facilement retrouver leur compte sur un autre appareil.

Quant au mode Battle Royale classique, il reste disponible, « mais ne reçoit plus de mises à jour de version en raison des actions d'Apple », explique Epic Games.

Source : Epic
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Avatar de intelligide
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 18/09/2020 à 0:17
Citation Envoyé par P_Avril Voir le message
Tu ne m'a pas compris. Rien n'oblige un éditeur de logiciel d'adopter le modèle imposé par Apple. C'était mon propos.
Si un éditeur doit s’étendre afin de toucher un plus grand public, il est oblige d'adopter les modalités d'Apple. Si tu développes un application mobile, je doutes que tu puisses te permettre de mettre les personnes possédant un iphone ou autre produit a la pomme sur le carreau (Les ventes mobiles d'Apple représente 15% de PdM, ce qui fait environ 40 millions de ventes par trimestre). De ce fait, si des utilisateurs sont mécontents a cause d'un manque de support pour leur device, c'est la responsabilité de l’éditeur que l'on met en cause et jamais celle d'Apple. De part cette pression exerce par les demandes utilisateurs, les éditeurs se voit contraints d’éditer sur Apple. Et ça, la marque a la pomme en profite. Imagines-tu l'AppStore sans Spotify, Deezer, Meetic, Netflix ?

Citation Envoyé par P_Avril Voir le message
Tu me parle d'Histoire, j'ai connu et exploite toujours des technos dont tu ne serais même pas capable, sans formation, d'afficher ne serais-ce que le système de fichier d'une machine par le biais d'une commande "exotique" (ex: IBM z/OS).

Ne me parle pas d'Histoire de l'informatique. Je la connait très bien pour l'avoir vécue. J'avais probablement un clavier sous les doigts lorsque tu étais enfant.

Renseignes-toi par exemple sur la naissance de MS-DOS. Et tu auras du grain à moudre.
1. Je ne parle pas d'histoire de l'informatique, mais de l'histoire du proces Apple vs Epic
2. L'argument d’autorité et d'ancienneté sont tous deux des arguments fallacieux.
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Avatar de Acheumeuneu
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 20/09/2020 à 8:52
Apple vient de se tirer une balle dans le pied et la plaie restera ouverte jusqu'à agonie complète car qui joue à FortNite ? Sa prochaine génération de clients qu'Apple vient de perdre...
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 13/10/2020 à 11:15
Epic a « abandonné » 73 millions d’utilisateurs jouant à Fortnite uniquement sur iOS pour lutter contre Apple,
voici quelques statistiques étonnantes provenant des documents judiciaires

Il y a quelques jours, le tribunal a décidé que Fortnite ne reviendra pas sur l’App Store d’Apple de sitôt. La juge en charge de l’affaire, Yvonne Gonzales Rogers, a statué sur la demande d’injonction faite par Epic. Ce dernier n’a pas obtenu le maintien temporaire de Fortnite sur l’App Store jusqu’à la fin du procès.

Rappelons qu’Apple a retiré Fortnite de l’App Store depuis le 13 août dernier après qu’Epic ait lancé une mise à jour du jeu comportant son propre système de paiement in-app.

Le système de paiement d’Epic lui permet en effet d’éviter de payer les 30 % de commissions exigées par Apple lors des achats dans les applications. L’éditeur du jeu Fortnite a alors demandé une ordonnance dans le but d’obliger Apple à remettre le jeu dans sa boutique jusqu’à la fin de la bataille judiciaire. La décision de la juge de vendredi dernier n’est pas une surprise lorsqu’on se réfère à ce qu’elle avait dit à propos du comportement d’Epic la semaine d’avant. Celle-ci a déclaré que le développeur de jeu a rompu son contrat en tout état de cause et est donc en train d’en subir les conséquences.

« Epic savait qu'il violait les termes de son contrat avec Apple lorsqu'il a publié la mise à jour, mais il l'a quand même fait », a déclaré Rogers, accusant la société de malhonnêteté. « Vous avez fait une chose, vous avez menti par omission, par manque de franchise », a rappelé Rogers à Epic. « Il y a beaucoup de gens dans le public qui vous considèrent comme des héros pour ce que vous avez fait, mais vous ne procédez pas de la façon la plus honnête ».

Ainsi, le refus d’accorder l'ordonnance à Epic signifie que la situation dans laquelle Epic est interdit de publier de nouveaux jeux sur iOS et ne peut pas distribuer Fortnite sur l'App Store sous sa forme actuelle restera en place pendant la durée du procès, à moins qu'Epic ne décide de supprimer son propre système de paiement in-app qui a déclenché l'amère querelle juridique en août.

Notons que la Cour a également décidé qu’Apple ne peut pas prendre d'autres mesures plus punitives contre Epic en s'attaquant à l'ensemble du moteur Unreal, ce qui causerait une tonne de dommages collatéraux aux jeux et aux applications n'appartenant pas du tout à Epic.

Les documents judiciaires révèlent des statistiques assez étonnantes sur ce qu'Epic a abandonné pour poursuivre ce combat peut-être chimérique avec Apple :
  • Fortnite dispose de 116 millions d'utilisateurs mobiles sur iOS qui ont passé plus de 2,86 milliards d’heures sur le jeu.
  • Parmi ceux-ci, 73 millions n'ont joué à Fortnite que sur iOS et sur aucune autre plateforme.
  • 2,5 millions d’entre les joueurs sur iOS jouent à Fortnite tous les jours, ce qui représente près de 10 % du nombre total de joueurs journaliers de Fortnite toute plateforme confondue.
  • Les joueurs de Fortnite sur iOS ont dépensé plus en achats in-app que les joueurs sur Android, mais ils ont dépensé moins que les joueurs sur consoles de jeux comme la PlayStation 4 de Sony ou Xbox One de Microsoft.


On ne sait pas à combien de millions de joueurs Epic a renoncé suite à une interdiction similaire sur le Google Play Store. Les joueurs se comptent probablement en millions, mais l’affaire est loin d’égaler son différend avec Apple étant donné que, techniquement, Fortnite peut toujours marcher sur des appareils Android en dehors du Play Store.

Apple et Epic se vantent chacun d’avoir obtenu une victoire lors de cette dernière décision, Apple se félicitant du fait que le tribunal reconnaisse qu'Epic a délibérément enfreint ses règles, Epic se félicitant que le tribunal arrête l'action contre Unreal. Et pourtant, plus cela durera, plus la bataille pourrait être ardue pour Epic qui doit convaincre les tribunaux du bien-fondé de la situation sur un certain nombre de fronts.

Premièrement, le « stratagème » consistant à amener à Apple à les bannir du magasin en enfreignant délibérément les règles pour contourner la redevance de 30 % semble jouer contre Epic. Il a d’ailleurs été évoqué à plusieurs reprises.

Ensuite, Epic doit convaincre le tribunal que la redevance de 30 % est oppressive et injustifiée alors qu'elle est la norme de l'industrie sur Apple, Google, Steam, Xbox, PlayStation et une tonne d'autres vitrines d’applications similaires.

Epic doit également convaincre le tribunal qu'Apple agit de manière « monopolistique » et même si ces chiffres sont importants, perdre 10 % de vos joueurs actifs en raison d'une interdiction de l'App Store ne montre pas exactement qu'il n'y a pas de plateformes alternatives pour que votre jeu puisse réussir si vous souhaitez le distribuer ailleurs.

Certains observateurs sont convaincus qu'Epic a techniquement « raison » ici, notamment sur le fait qu'Apple est en situation de monopole et abuse de sa position. Pour eux, tout l'écosystème mobile doit être ouvert pour ressembler davantage à un PC avec des magasins concurrents. Sur PC, la tactique d'Epic consistant à créer son propre magasin avec une réduction des revenus plus généreuse pour les développeurs que Steam leur a permis de pratiquer ce qu'ils prêchent. Mais ils ne peuvent littéralement pas offrir cela sur les appareils Apple en raison de l'écosystème fermé.

Mais légalement, utiliser cet argument semble périlleux ; à la lumière de tout ce que nous avons entendu concernant cette affaire jusqu'à présent, il semble que la juge qui a rendu ces décisions semble assez sceptique.

Apple a répété à plusieurs reprises que Fortnite pourrait revenir dans l'App Store dès lors qu’Epic respectait simplement les politiques existantes, mais cela obligerait Tim Sweeney et Epic à « plier le genou » pour ainsi dire, et il est difficile de voir cela se produire.

Rappelons que, dans un rapport, la sous-commission antitrust de la Chambre américaine des représentants a fait valoir qu'Apple jouit d'un pouvoir monopolistique dans la distribution d'applications sur les appareils iOS via l'App Store. C’est parce que l'App Store est la seule méthode de distribution des applications sur iOS, et qu'Apple n'autorise pas l'installation d'app stores non natifs sur ses appareils mobiles.

Apple a répondu en ces termes : « Nous avons toujours dit que l'examen est raisonnable et approprié, mais nous sommes en désaccord total avec les conclusions de ce rapport des services de la Commission concernant Apple. Notre société ne détient pas de part de marché dominante dans aucune des catégories où nous sommes présents. Depuis ses débuts il y a 12 ans avec seulement 500 applications, nous avons construit l'App Store pour qu'il soit un endroit sûr et fiable où les utilisateurs peuvent découvrir et télécharger des applications et un moyen de soutien aux développeurs pour créer et vendre des applications dans le monde entier. Avec près de deux millions d'applications aujourd'hui, l'App Store a tenu cette promesse et satisfait aux normes les plus strictes en matière de confidentialité, de sécurité et de qualité ».

Source : documents judiciaires

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de la situation et des statistiques ?
Epic gagnerait-il à respecter les politiques d'Apple le temps que la bataille judiciaire prenne fin afin de permettre aux utilisateurs sur iOS qui n'y ont accès que par cette plateforme de pouvoir y jouer ? Pourquoi ?

Voir aussi :

Le PDG de ProtonMail indique qu'Apple l'a obligé à introduire des achats intégrés dans son application sous peine de la supprimer de l'App Store et qualifie cette action « d'extorsion mafieuse »
L'App Store donne à Apple un « pouvoir de monopole » sur les applications iOS, lui permettant de réaliser des profits démesurés, selon le rapport antitrust de la Chambre des représentants US
Apple paie 288 000 dollars à des hackers éthiques qui ont trouvé 55 vulnérabilités sur le réseau de l'entreprise, dont 11 estimées comme critiques
Microsoft titille Apple et Google avec une série de principes pour sa boutique d'applis Windows 10 dont l'un stipule que les utilisateurs peuvent choisir leur système de paiement in-app
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Avatar de Aiekick
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 14/10/2020 à 10:22
Apple est toujours dans le rapport de force.
j'ai apprit il y a quelques jours que Apple forçait firefox a utiliser Webkit au lieu de leur propre moteur sous peine de ce voir bannir d'ios.

et après Apple ce défend d'être équitable sur tous les tableaux.
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Avatar de P_Avril
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 20/09/2020 à 1:02
Citation Envoyé par intelligide Voir le message
Si un éditeur doit s’étendre afin de toucher un plus grand public, il est oblige d'adopter les modalités d'Apple. Si tu développes un application mobile, je doutes que tu puisses te permettre de mettre les personnes possédant un iphone ou autre produit a la pomme sur le carreau (Les ventes mobiles d'Apple représente 15% de PdM, ce qui fait environ 40 millions de ventes par trimestre).
15%... Merci pour les pouces rouges mais quel éditeur investirait des efforts R&D pour atteindre 15% des utilisateurs de smartphone? Le feriez vous sur vos propres deniers?

C'est un bel exemple de syndrome de Stockholm, que de croire que servir à Apple des applications rubis sur ongle assurera sa pérennité, et par extension celle des développeurs tiers.

A moins de développer des apps "premium" (ex: Tesla), c'est à dire pour cibler un public disposé à débourser entre 500€ (pour un iphone très bas de gamme) et 1300€ (pour un smartpone de luxe) le reste de la population n'en a rien à foutre. Donc grosso merdo 85% des utilisateurs de smartphone se moquent des "caprices" d’Apple.
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Avatar de P_Avril
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 20/09/2020 à 2:21
Citation Envoyé par intelligide Voir le message
Les 15% de PdM représente 40 millions de ventes par trimestre, ce qui n'est absolument pas négligeable. Fornite a réalisé 100 millions de dollars de recette sur iOS sur trois mois en 2018...
Ce sacro saint PdM... La preuve. Tu parles de 2018 tandis que le revenu d'Epic s'est effondré, concernant les ventes sous les OS Apple ces derniers mois.

C'est justement la preuve qu'Apple n'est pas fiable, à moins de jouer selon ses règles.
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Avatar de darklinux
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 20/09/2020 à 4:10
Apple viens de prouvé que cela , n 'est plus une société de créatif , interdire Fortnite , pas de soucis , s ' interdire UE5 par contre ...
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