Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

L'App Store donne à Apple un « pouvoir de monopole » sur les applications iOS, lui permettant de réaliser des profits démesurés,
Selon le rapport antitrust de la Chambre des représentants US

Le , par Stan Adkens

190PARTAGES

5  0 
Apple jouit d'un pouvoir monopolistique dans la distribution d'applications sur les appareils iOS via l'App Store, a déclaré mardi la sous-commission antitrust de la Chambre américaine des représentants dans un rapport. C’est parce que l'App Store est la seule méthode de distribution des applications sur iOS, et qu'Apple n'autorise pas l'installation d'app stores non natifs sur ses appareils mobiles. Le rapport révolutionnaire de la sous-commission sur les pratiques anticoncurrentielles concernant Big Tech a fait des recommandations pour un marché de la technologie qui profite même aux petites ou nouvelles entreprises.

La sous-commission majoritairement démocrate de la Chambre des États-Unis a fait part cette semaine de ses recommandations pour modifier les lois antitrust et empêcher les pratiques anticoncurrentielles de grandes entreprises comme Apple, Alphabet, Amazon et Facebook. Ceci fait suite à une enquête de 16 mois sur ces entreprises pour réformer les lois à l'ère numérique.


Le rapport suggère que les plateformes dominantes ne devraient pas être autorisées à donner la priorité à leurs propres services afin d'offrir des conditions égales aux concurrents. Une proposition du panel consiste à exiger de toutes les entreprises technologiques qu'elles proposent aux utilisateurs des moyens de transférer facilement toutes les données d'une plateforme à l'autre, permettant ainsi aux consommateurs de passer d'un produit ou d'un service à l'autre quand ils le souhaitent.

Une autre proposition majeure est l'exigence de séparations structurelles des grandes entreprises, ce qui obligerait ces entreprises technologiques à se scinder en différentes entreprises plus petites. Cela empêcherait également les plateformes dominantes de pénétrer dans des « secteurs d'activité adjacents ». Le président de la sous-commission, David Cicilline, a mentionné un « Glass-Steagall Act pour l'Internet » en référence à la loi qui a séparé les opérations commerciales des banques d'investissement dans les années 1930. En d'autres termes, cela pourrait forcer Apple à séparer ses opérations App Store dans une autre société ou Google à séparer ses opérations YouTube.

Les auteurs du rapport ont examiné le contrôle qu'exerce Apple sur son App Store, seul moyen pour les consommateurs d'installer des applications ou des logiciels sur un iPhone, ainsi que sa propension à acheter de petites entreprises technologiques et à les transformer en fonctionnalités pour ses produits. Les auteurs ont constaté qu'Apple jouit d'un pouvoir monopolistique sur la distribution des applications logicielles sur les appareils iOS. Le rapport d’enquête affirme qu'Apple a profité de la manière dont les applications sont distribuées sur les appareils iOS pour réduire la concurrence avec ses services.

Le rapport indique également que les utilisateurs ne passent pas souvent de l'iPhone au téléphone Android, ce qui fait de la distribution sur les appareils Apple un marché « durable », car il n'y a pas lieu de craindre que les développeurs ou les consommateurs abandonnent leur iPhone. « Le pouvoir de marché d'Apple est durable en raison des coûts de changement élevés, du verrouillage de l'écosystème et de la fidélité à la marque », indique le rapport. « Il est peu probable qu'il y ait une entrée réussie sur le marché pour contester la domination d'iOS et d'Android ».

Lors d'une interview en septembre, le PDG d'Apple, Tim Cook, a déclaré qu'il espérait que la société pourrait « se dégager » des enquêtes antitrust et qu'il pensait qu'Apple n'avait pas de part de marché dominante dans les smartphones. « Nous sommes sur des marchés très, très concurrentiels », avait-il lancé à l’époque. Le rapport indique qu'Apple détient environ 45 % du marché des smartphones aux États-Unis.

« Notre société ne détient pas de part de marché dominante dans aucune des catégories où nous sommes présents »

Dans une déclaration à MacRumors, Apple a répondu aux recommandations de la sous-commission judiciaire de la Chambre des États-Unis :

« Nous avons toujours dit que l'examen est raisonnable et approprié, mais nous sommes en désaccord total avec les conclusions de ce rapport des services de la Commission concernant Apple. Notre société ne détient pas de part de marché dominante dans aucune des catégories où nous sommes présents. Depuis ses débuts il y a 12 ans avec seulement 500 applications, nous avons construit l'App Store pour qu'il soit un endroit sûr et fiable où les utilisateurs peuvent découvrir et télécharger des applications et un moyen de soutien aux développeurs pour créer et vendre des applications dans le monde entier. Avec près de deux millions d'applications aujourd'hui, l'App Store a tenu cette promesse et satisfait aux normes les plus strictes en matière de confidentialité, de sécurité et de qualité ».


Les républicains de la Commission ont désapprouvé certaines des propositions faites par les démocrates, comme l'imposition de séparations structurelles. Cependant, si ces recommandations finissent par devenir une loi, cela pourrait obliger les grandes entreprises technologiques à modifier leurs pratiques commerciales de base, notamment pour Apple, en changeant la façon dont la société distribue ses propres applications via l'App Store ou les produits ou services qu'elle décide de développer.

Citant les développeurs iOS, le rapport ajoute qu'Apple « sape activement les progrès du Web ouvert sur iOS » en empêchant les entreprises à créer des applications natives sur iOS. Mais dans sa déclaration Apple a dit :

« L'App Store a permis de créer de nouveaux marchés, de nouveaux services et de nouveaux produits qui étaient inimaginables il y a une douzaine d'années, et les développeurs ont été les premiers bénéficiaires de cet écosystème. L'année dernière, rien qu'aux États-Unis, l'App Store a facilité 138 milliards de dollars dans le commerce, dont plus de 85 % sont revenus uniquement à des développeurs tiers ».

Parlant de ses prélèvements de 30 %, la société a dit que « Les taux de commission d'Apple s'inscrivent résolument dans la tendance générale de ceux pratiqués par les autres app stores et marchés de jeux. La concurrence est le moteur de l'innovation, et l'innovation nous a toujours définis chez Apple. Nous travaillons sans relâche pour fournir les meilleurs produits à nos clients, en mettant l'accent sur la sécurité et la confidentialité, et nous continuerons à le faire ».

Une enquête menée par Analysis Group a révélé que l'App Store a généré en 2019 un chiffre d'affaires de 519 milliards de dollars dans le monde, dont 138 milliards de dollars provenant uniquement des États-Unis. Apple revendique être basé sur la protection la vie privée des utilisateurs. Près de 150 000 applications ont été rejetées l'année dernière lors du processus d'examen de l'App Store pour violation des règles de confidentialité.

« Le pouvoir monopolistique d'Apple sur la distribution d'applications sur les iPhone permet à l'App Store de générer des profits supra-normaux. Ces bénéfices sont obtenus en prélevant des loyers aux développeurs, qui soit répercutent les augmentations de prix sur les consommateurs, soit réduisent les investissements dans de nouveaux services innovants », ont écrit les auteurs du rapport. Apple a dit mardi qu’il fournirait une réponse plus détaillée au rapport de la Commission dans les prochains jours.

Apple a fait l'objet de nombreuses enquêtes antitrust dans le monde entier, principalement parce que la société n'autorise pas l'installation d'applications sur les iPhone et iPad en dehors de l'App Store. En Europe, le projet de législation de l'Union européenne envisage d'interdire à Apple et à d'autres entreprises de vendre des appareils avec leurs propres applications de service préinstallées.

Source : Rapport de la Commission judiciaire de la Chambre US

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Apple dit qu’il ne détient pas de part de marché dominante dans aucune des catégories où il est présent. Quel commentaire en faites-vous ?

Voir aussi :

Tim Cook à propos des enquêtes antitrust : « Il n'y a pas de monopole ici », « Nous sommes sur des marchés très, très concurrentiels »
L'UE veut limiter les applications qu'Apple et Google préinstallent sur votre téléphone, de sorte que vous ayez le choix de les installer vous-mêmes
USA : Facebook est un monopole de réseau social qui achète, copie ou élimine les concurrents, selon la Commission antitrust de la Chambre des représentants
Amazon, Facebook, Apple, et Google ont des pouvoirs de monopoles, c'est pourquoi ils doivent être démantelés, d'après le rapport parlementaire US

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 10:51
Apple et Google auraient conclu un accord, il y a 15 ans, pour contrôler Internet, le DoJ porte plainte
contre cet accord secret qui vaut des milliards de dollars pour les deux entreprises

Le mardi dernier, le DOJ, le département américain de la Justice, a déposé une plainte contre Google, l’accusant d’utiliser des pratiques illégales pour protéger son monopole sur le marché de la recherche. Google le ferait en concluant des accords avec de grandes enseignes, des contrats exclusifs lui permettant d’étouffer la concurrence. Selon de nouveaux rapports, il a conclu un accord, de plusieurs milliards de dollars, avec Apple pour être le moteur de recherche par défaut sur les appareils Apple, une tactique qui lui permet de contrôler Internet depuis plus de 15 ans.

Google et Apple ont conclu, il y a environ 15 années, un accord pour que le moteur de recherche de Google soit le choix présélectionné (par défaut) sur l'iPhone et d'autres appareils d’Apple. Courant 2017, l’accord, considéré comme étant l'un des accords commerciaux les plus lucratifs de l'histoire, a été révisé par ces deux géants d’Internet. L'accord actualisé a rapporté des milliards de dollars aux deux entreprises et a consolidé leur statut en tête du classement de l'industrie technologique. Désormais, le partenariat est en péril, car la plainte du DOJ le cible spécifiquement.

En déposant sa plainte contre Google mardi dernier, le DOJ a cité l’alliance comme étant un excellent exemple de ce que les procureurs considèrent comme des tactiques illégales de l'entreprise pour protéger son monopole et étouffer la concurrence dans la recherche sur le Web. En effet, l'examen du pacte a mis en lumière la relation particulière entre les deux sociétés les plus importantes de la Silicon Valley, une alliance improbable de deux rivaux historiques qui, d’après les régulateurs, empêche injustement les petites entreprises de prospérer.

Les deux entreprises sont contre l’avis des régulateurs et estiment qu’il y a de nombreux partenariats du genre dans la Silicon Valley. « Nous avons ce genre de terme étrange dans la Silicon Valley : co-opposition », a déclaré Bruce Sewell, avocat général d'Apple entre 2009 et 2017. « Vous avez une concurrence brutale, mais en même temps, vous avez une coopération qui est nécessaire ». Ils sont en concurrence sur pas mal de fronts, comme les smartphones, les cartes numériques et les ordinateurs portables. Mais ils savent aussi se montrer gentils quand cela leur convient.


Selon le DOJ, près de la moitié du trafic de recherche de Google provient d'appareils Apple

Sur plusieurs partenariats existant entre les deux sociétés, l’on estime que peu d'accords ont été plus avantageux pour les deux parties que celui de la recherche sur l'iPhone. À titre d’exemple, selon le DOJ, près de la moitié du trafic de recherche de Google provient désormais d'appareils Apple, et la perspective de perdre l'accord avec Apple aurait été décrite en interne comme un scénario de “code rouge” au sein de l'entreprise. Lorsque les utilisateurs de l'iPhone effectuent des recherches sur Google, ils voient les annonces de recherche qui font tourner l'activité de Google.

Ils peuvent également trouver leur chemin vers d'autres produits Google, comme YouTube. Un ancien dirigeant de Google, qui a demandé à ne pas être identifié parce qu'il n'était pas autorisé à parler de l'accord, a déclaré au New York Times (NYT) que la perspective de perdre le trafic venant des appareils Apple était “terrifiante” pour la société. Le DOJ, qui demande une injonction du tribunal empêchant Google de conclure des accords comme celui-ci, a affirmé que l'accord a injustement contribué à faire de Google une entité qui traite 92 % des recherches sur Internet dans le monde.

Le DOJ a également déclaré que cela a fait de Google le centre de la vie en ligne des consommateurs, une situation qui profite aussi bien à Apple qu’à Google. L’on estime qu'Apple reçoit aujourd'hui entre 8 et 12 milliards de dollars de paiements annuels, contre 1 milliard de dollars par an en 2014, en échange de l'intégration du moteur de recherche de Google dans ses produits. Il s'agit probablement du plus gros paiement que Google verse à quiconque et représente 14 à 21 % des bénéfices annuels d'Apple. Ce n'est certainement pas de l'argent qu'Apple serait impatient de laisser tomber.

L'accord a été révisé plusieurs fois ces dernières années pour leur permettre d'augmenter les revenus de la recherche en ligne

Selon la plainte du DOJ, outre la révision de 2017, l’accord entre Google et Apple aurait une fois de plus été discuté en 2018, à la suite d’une rencontre entre Sundar Pichai, le PDG de Google, et Tim Cook, le PDG d’Apple. Cela a été fait pour trouver des moyens pouvant leur permettre d'augmenter les revenus de la recherche. Le DOJ allègue qu’après la rencontre, un employé de haut niveau d'Apple a écrit à un homologue de chez Google que « notre vision est que nous travaillons comme si nous étions une seule entreprise ». Une rupture forcée pourrait signifier la perte d'argent facile pour Apple.

De son côté, cela constituerait une menace plus importante pour Google, qui n'aurait aucun moyen évident de remplacer le trafic perdu. Cela pourrait également pousser Apple à acquérir ou à construire son propre moteur de recherche. Au sein de Google, les gens pensent qu'Apple est l'une des rares entreprises au monde qui pourrait offrir une formidable alternative, selon un ancien dirigeant. Google s'inquiète aussi du fait que sans cet accord, Apple pourrait rendre plus difficile l'accès au moteur de recherche de Google pour les utilisateurs d'iPhone.

La facture de Google avec Apple ne cesse d'augmenter, cependant, Apple a rarement, voire jamais, reconnu publiquement son alliance avec Google. « Leur moteur de recherche est le meilleur », a déclaré Cook lorsqu'Axios lui avait demandé, fin 2018, pourquoi il s'était associé avec une société qu'il critiquait aussi implicitement. Cook a également ajouté qu'Apple avait créé des moyens l’aidant à atténuer la collecte de données par Google, comme un mode de navigation privé sur le navigateur Internet d'Apple. En outre, l’accord ne se limite pas qu'au navigateur Safari.

Il s'étend à pratiquement toutes les recherches effectuées sur les appareils Apple, y compris Siri, l'assistant virtuel d'Apple, et sur l'application iPhone et le navigateur Chrome de Google. Cela est arrivé alors qu’en 2010, quand Steve Jobs a appris que Google a secrètement développé Android, il avait promis de le “détruire”. Et lorsqu’Apple a introduit Siri plus tard, au lieu du moteur de recherche de Google pour soutenir l'assistant virtuel, c'était Bing de Microsoft. Pourtant, le partenariat entre les deux entreprises sur les iPhone s'est poursuivi.

Il est trop lucratif pour que l'une ou l'autre des parties le fasse sauter. Bing a été remplacé plus tard par le moteur de recherche de Google. Un ancien cadre supérieur a déclaré qu’Apple avait arrangé le partenariat de manière à exiger des renégociations périodiques, et chaque fois, il a soutiré plus d'argent à Google. « Vous devez être en mesure de maintenir ces relations et de ne pas faire sauter un pont », a déclaré Bruce Sewell, l'ancien avocat général d'Apple, qui a refusé de discuter des détails de l'accord. « En même temps, quand vous négociez au nom de votre société et que vous essayez d'obtenir le meilleur accord, alors, vous savez, les gants se détachent ».

En effet, vers 2017, l'accord devait être renouvelé. Google était confronté à une pénurie, les clics sur ses publicités mobiles n'augmentant pas assez vite. Apple n'était pas satisfait de la performance de Bing pour Siri. Cook venait d'annoncer qu'Apple avait l'intention de doubler ses revenus de services pour atteindre 50 milliards de dollars d'ici 2020, un objectif ambitieux qui ne serait possible qu'avec les paiements de Google. Ainsi, à l'automne 2017, Apple a annoncé que Google aidait désormais Siri à répondre aux questions. De son côté, Google a révélé que ses paiements pour le trafic de recherche avaient fait un bond.

Source : New York Times

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Le ministère US de la Justice accuse Alphabet (Google) de protéger illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars, et n'exclut pas un démantèlement

EFF à la Cour suprême US : les entreprises US complices des violations des droits de l'homme, suite à la fourniture des outils de surveillance sur mesure devraient être tenues pour responsables

Eric Schmidt, l'ancien PDG de Google, pense que les réseaux sociaux sont des « amplificateurs pour des idiots » et s'insurge contre les actions en justice à l'endroit de Google

Taxe GAFA : la France indique qu'elle va reprendre les prélèvements dès décembre 2020, suite à l'échec des négociations de la première réécriture majeure des règles fiscales internationales à l'OCDE
9  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/10/2020 à 15:42
Bill Gates : « j'étais naïf chez Microsoft, je n'ai pas réalisé que le succès entraînerait un examen antitrust »
une réglementation des grandes entreprises de la Tech pourrait arriver bientôt, dit-il

Bill Gates, le cofondateur et ancien PDG de Microsoft s’est entretenu avec CNBC cette semaine au sujet des relations tendues entre le gouvernement américain et la Big Tech, à un moment où la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants sur les lois antitrust a publié un rapport qui conclut que ces groupes détiennent un pouvoir monopolistique. Bill Gates a déclaré à CNBC que les règles vont quelque peu changer à propos de la possibilité d'une réglementation antitrust pour les grandes entreprises de la Tech. Selon lui, il y a de fortes chances que cette réglementation arrive.

Ces dix dernières années, les enquêtes antitrust visant la Big Tech se sont multipliées. Ces entreprises sont accusées d’user de pratiques déloyales en vue de garder leur pouvoir, mais aussi leur place de leader sur leur marché respectif. Parmi les accusateurs, on retrouve plusieurs jeunes concurrents, certains politiques et parfois même des États ou le ministère de la Justice. L’année dernière, la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants sur les lois antitrust a lancé une vaste enquête sur les GAFA. Elle a rendu son verdict au début du mois, avec de mauvaises conclusions pour les GAFA.

Interrogé sur la situation actuelle et l’évolution des GAFA, notamment celle de Microsoft, Bill Gates a déclaré à CNBC mercredi qu'il avait été naïf au sujet de la surveillance gouvernementale qui vient avec l'augmentation de la taille à l’époque où il dirigeait Microsoft. Gates a déclaré qu’il a été naïf lorsqu’il a ignoré de faire la lumière sur certaines choses dès le départ. « J'étais naïf chez Microsoft et je ne savais pas que notre succès attirerait l'attention du gouvernement », a déclaré Gates, faisant référence aux défis antitrust de Microsoft d'il y a plus de 20 ans.


« Et donc j’ai fait des erreurs, vous savez, en disant simplement : Hé, je ne vais jamais à Washington, D.C. Et maintenant, je ne pense pas, vous savez, que la naïveté soit au rendez-vous ». Selon ce qu’il dit, il était évident que le gouvernement allait s’en mêler, mais qu’il n’a pas su faire ce qu’il fallait. « Chaque fois que vous devenez une entreprise précieuse, affectant la façon dont les personnes communiquent et même le discours politique véhiculé par votre système et un pourcentage plus élevé de commerce, par le biais de votre système, vous allez vous attendre à beaucoup plus d'attention de la part du gouvernement », a-t-il déclaré.

Notons que Gates a démissionné de son poste de PDG de Microsoft au beau milieu de l'affaire antitrust du ministère américain de la Justice, qui accusait la société d'avoir tenté de monopoliser le marché des navigateurs Web en combinant Internet Explorer et Windows. La société a conclu un accord avec le ministère de la Justice en 2001. À l’époque, il a été remplacé par son ami Steve Ballmer, celui-là même qui avait qualifié Linux de cancer de la propriété intellectuelle. Il est resté PDG de Microsoft jusqu’en 2014, remplacé par Satya Nadella, et a depuis changé d’avis sur le noyau Linux.

Au sujet de la situation actuelle des GAFA, Bill Gates a déclaré qu’il est fort probable qu’une réglementation antitrust pour les grandes technologiques arrive bientôt. « Les règles vont quelque peu changer », a déclaré Gates, en contraste avec la possibilité d'une future réglementation. « Je dirais que les chances qu'ils fassent quelque chose sont assez élevées ». En effet, la semaine passée, la sous-commission judiciaire de la Chambre sur les lois antitrust a publié un rapport qui a conclu qu'Apple, Facebook, Google et Amazon détiennent un pouvoir monopolistique.

« Nous devons obtenir les détails », a déclaré Gates lorsqu'on l'a interrogé sur le risque qu'une réglementation de plus réduise l'innovation. « Y a-t-il une règle concernant l'acquisition ? Y a-t-il une règle sur la division des parties des entreprises, soit - pour créer une disponibilité ouverte de ces ressources ? ». En outre, à la suite de la publication du rapport la semaine dernière, Ballmer a, de son côté, recommandé lors d’un interview sur CNBC que les sociétés de la Big Tech se rendent à Washington et s'engagent de manière proactive auprès des régulateurs.

Toutefois, si cette conclusion de la sous-commission a de quoi inquiéter la Big Tech, Ballmer a aussi déclaré qu’il parierait de l'argent que le Congrès ne les démantèlerait pas. Par exemple, la sous-commission parlementaire s'est penchée sur la question de savoir si Facebook a acquis Instagram pour éliminer un concurrent. Le panel a conclu que Facebook exerce des pouvoirs monopolistiques dans le réseau social et a maintenu sa position en acquérant, copiant ou éliminant ses concurrents. La scission de ces acquisitions pourrait être une possibilité de réglementation future.

Les auteurs du rapport recommandent que le Congrès examine une série de recours potentiels. Cela inclut une séparation structurelle, qui pourrait obliger les entreprises à scinder des parties de leurs activités. Facebook pourrait par exemple être contraint de séparer opérationnellement ou de céder Instagram et WhatsApp, tous deux acquis par l'entreprise. De même, ils demandent au Congrès de considérer toute acquisition par les grandes entreprises technologiques comme anticoncurrentielle, à moins que ces dernières puissent prouver que la fusion serait dans l'intérêt du public.

Source : CNBC

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

USA : Facebook est un monopole de réseau social qui achète, copie ou élimine les concurrents, selon la Commission antitrust de la Chambre des représentants

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leurs pratiques anticoncurrentielles disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises
8  0 
Avatar de KEKE93
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 15/10/2020 à 17:31
Les procès pour situation monopolistique sont des procédures très très longues.
Le procès anti-trust d'IBM avait duré de 1969 à 1982 et a généré 30 millions de pages

https://www.historyofinformation.com...ail.php?id=923

Tellement long que la situation d'IBM s'est arrangée toute seule au début des années 80, de nouveau concurrents étant venus sur le marché (Cf les PC compatibles, Oracle puis Cisco...); la cour ayant jugé qu'IBM ne méritait plus un tel procés...
IBM, prévoyant un démantellement, avait changé sa structure organisationelle de sorte qu'un démantellement ait le moins d'effet possible et est ainsi devenu un monolithe elephantesque incapable de "danser" face à la concurrence...

C'est ce qui pourrait advenir aussi aux GAFAM.
8  0 
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/10/2020 à 12:19
Les États-Unis pourraient déposer des plaintes antitrust contre Facebook dès novembre,
Alors que Google doit répondre à un procès similaire d'ici le 19 décembre

Facebook pourrait faire face à des accusations d'antitrust américaines dès novembre, a rapporté vendredi le Washington Post, citant quatre personnes connaissant bien le sujet. Selon ces personnes, les enquêteurs fédéraux et d'État devraient s'engager dans une procédure judiciaire massive contre le géant des réseaux sociaux et son apparente mainmise sur les médias sociaux. Pendant ce temps, Google, contre qui le ministère de la Justice a déposé une plainte l’accusant de protéger illégalement son monopole, répondra à ces accusations d’ici décembre prochain, selon Reuters.

Ces derniers mois ne sont pas de tout repos pour les géants américains de la technologie. La plainte du ministère de la Justice allègue que Google protège illégalement sa position dominante sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars. Un peu plus tôt ce mois, le comité judiciaire de la Chambre américaine des représentants a publié ses conclusions sur la question de savoir si Amazon, Facebook, Apple et Google enfreignent la loi antitrust. Le rapport a accusé ces sociétés d’avoir acheté les plus petites entreprises afin d’éviter la concurrence, de faire du favoritisme quant à leurs propres services et de détenir un pouvoir démesuré sur les autres entreprises qui utilisent leurs plateformes.


Selon des personnes qui ont parlé au Washington Post, la Commission fédérale du commerce (FTC) s'est réunie en privé jeudi pour discuter de l’enquête sur Facebook tandis que les procureurs généraux des États, sous la direction de Letitia James, procureur général de New York, ont examiné la société afin de détecter d'éventuelles menaces pour la concurrence, a rapporté le journal.

Selon le Washington Post, ces sources d’informations, qui se sont exprimées sous la condition de l'anonymat pour décrire une affaire d'application de la loi, ont dit que le calendrier pourrait encore changer, ajoutant que les procureurs généraux des États sont en train de préparer leur plainte. Le journal qui a publié cette nouvelle pour la première fois n’a pas pu avoir immédiatement les commentaires de Facebook, de la FTC et du bureau du procureur général de New York.

Selon une cinquième personne, les enquêteurs de l'État cherchaient à établir une première liste de participants pour vendredi. Le groupe bipartisan concentrerait son attention sur la stratégie de Facebook qui consiste à acheter des concurrents potentiels, parfois pour les acquérir et les éliminer, selon deux ces personnes. « Les acquisitions en série de Facebook reflètent l'intérêt de l'entreprise pour l'achat de sociétés qui avaient le potentiel de devenir des rivales avant qu'elles ne deviennent de véritables menaces concurrentielles », a conclu ce mois le rapport de la sous-commission judiciaire de la Chambre.

La FTC, quant à elle, n'a pas encore voté pour porter plainte contre Facebook, bien que certaines personnes aient déclaré qu'une réunion de ses membres démocrates et républicains cette semaine - rapportée pour la première fois jeudi par le Washington Post - comportait des présentations illustrant la manière dont l'agence pourrait procéder. Selon Reuters, Facebook a déclaré en août que son directeur général Mark Zuckerberg a été interviewé lors d'une audience d'investigation de la FTC dans le cadre de l'enquête antitrust du gouvernement sur la société.

Facebook a été confronté à des enquêtes similaires par le ministère de la Justice et par les procureurs généraux des États, et a déclaré que les enquêtes précédentes portaient sur des acquisitions et des pratiques commerciales antérieures impliquant « des services de réseaux sociaux ou de médias sociaux, de la publicité numérique, et/ou des applications mobiles ou en ligne ».

Tout a commencé l’année dernière, lorsque les fonctionnaires fédéraux ont lancé leur enquête antitrust sur Facebook après que la société ait accepté de payer 5 milliards de dollars pour régler une enquête gouvernementale sur une série de scandales liés à la vie privée. La FTC, qui surveille la concurrence dans tout le pays, s'est intéressée en particulier à l'achat par Facebook de ses anciens rivaux - Instagram, une application de partage de photos, et WhatsApp, un service de messagerie - et à la mesure dans laquelle l'empreinte tentaculaire du géant de la technologie en est venue à violer les lois antitrust.

Google doit répondre au procès antitrust américain d'ici le 19 décembre

Un procès antitrust déposé contre Google au cours de ce mois par le DOJ a mis en avant la domination du géant de la technologie dans la recherche et la publicité en ligne comme preuve de son statut de monopole qui « doit être arrêté », a déclaré Ryan Shores, procureur général adjoint associé, lors d'une conférence de presse mardi matin. Une enquête du ministère a révélé que Google contrôle plus de 88 % du marché de la recherche en ligne. Le DOJ soutient également que la pratique de Google consistant à payer les fabricants de smartphones pour préinstaller ses applications offre à la société un avantage déloyal.


Dans un article publié vendredi, Reuters a rapporté que Google doit répondre au procès antitrust du Département américain de la justice d'ici le 19 décembre, en citant un dépôt de plainte effectué vendredi. Google a qualifié la poursuite de « profondément vicié qui ne ferait rien pour aider les consommateurs ».

Dans son billet de blog publié au cours de cette semaine, Google a montré un aperçu de ce à quoi ressemblerait une confrontation judiciaire entre lui et le ministère de la Justice. Le géant a soutenu qu’il fait face à d’autres concurrents dans le domaine de la recherche d’informations comme Twitter, Amazon, OpenTable et d'autres.

« Il prétend que nous ne sommes en concurrence qu'avec d'autres moteurs de recherche généraux », a écrit Walker. « Mais c'est manifestement faux. Les gens trouvent des informations de nombreuses façons : ils cherchent des nouvelles sur Twitter, des vols sur Kayak et Expedia, des restaurants sur OpenTable, des recommandations sur Instagram et Pinterest. Et lorsqu'ils cherchent à acheter quelque chose, environ 60 % des Américains commencent sur Amazon ».

Contre l’accusation de protéger illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars, Google a répondu qu’il négocie des accords avec les sociétés partenaires comme Apple afin de placer ces produits sur « des étagères à hauteur des yeux ». Google a dit qu’il n’est pas non plus le seul à faire cela, plusieurs autres concurrents négocient les mêmes places, selon le directeur juridique de la société Kent Walker.

Si la nouvelle concernant la plainte contre Facebook est confirmée, ce serait la deuxième action antitrust majeure contre la Silicon Valley en quelques semaines. Depuis l’année dernière, Facebook a fait face à une série de critiques de la part des régulateurs nationaux qui estiment qu'il a effrontément cherché à étendre son empire numérique d'une manière qui mine la concurrence et laisse ses milliards d'utilisateurs avec un service moins bon, y compris moins de protection de la vie privée.

Sources : The Washington Post, Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous d’un éventuel procès antitrust contre Facebook ?
Quelle suite imaginez-vous pour le procès antitrust du DOJ contre Google ?

Voir aussi :

Google répond au DOJ, qui l'accuse de protéger illégalement son monopole, en décrivant son procès comme « profondément vicié qui ne ferait rien pour aider les consommateurs »
Facebook, Google, Apple et Amazon enfreignent la loi antitrust des USA d'après les conclusions d'une enquête parlementaire. Les démocrates recommandent entre autres le démantèlement
Amazon, Facebook, Apple, et Google ont des pouvoirs de monopoles, c'est pourquoi ils doivent être démantelés, d'après le rapport parlementaire US
USA : le rapport antitrust parlementaire propose un démantèlement des GAFA, alors que de nouvelles informations sur l'acquisition d'Instagram par Facebook retardent la remise du rapport
6  0 
Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 11/10/2020 à 5:22
Microsoft est désormais "l'adulte dans la salle" parmi les grandes technologies, déclare une députée de Seattle
lors d’une audition devant le congrès portant sur les pratiques commerciales des GAFAM

Alors que Facebook, Amazon, Apple et Google sont pris pour cible par la commission judiciaire de la Chambre des représentants pour avoir abusé de la loi antitrust américaine, une grande entreprise a réussi à échapper à la lumière : Microsoft.

En effet, les géants du Web Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ont été la cible de Washington toute l'année. Enfin, la plupart d'entre eux au moins. Les PDG de Facebook, Amazon, Apple et Google ont été pratiquement interrogés devant le Congrès cet été et font maintenant l'objet d'un rapport de 451 pages publié cette semaine sur leurs pratiques commerciales. Facebook, Google et Twitter seront de retour devant les législateurs plus tard ce mois-ci pour une audition au Sénat.

Mais Microsoft qui n'est pas étrangère aux enquêtes du Congrès ces dernières années, a largement réussi à échapper à la tempête. C'est parce qu'ils sont actuellement "l'adulte dans la pièce d'une certaine manière sur cette question", a déclaré la représentante Pramila Jayapal, un membre démocrate de la sous-commission antitrust de la Chambre, qui a plongé dans les pratiques commerciales des géants de la technologie au cours des 16 derniers mois.

Le rapport final n'appelle pas à une scission des entreprises, mais parle de la nécessité de "séparations structurelles" pour interdire à une partie d'une entreprise d'utiliser une autre partie de sa plate-forme pour obtenir un avantage déloyal. L'idée est une "feuille de route" pour restaurer la concurrence, améliorer l'innovation et sauvegarder la démocratie, affirment les auteurs démocrates du rapport. Les représentants Jerrold Nadler et David N. Cicilline sont les auteurs du dit rapport.


Le district de Seattle de Jayapal englobe le siège d'Amazon. Les pratiques de cette dernière en particulier la manière dont la société utilise les données de vendeurs tiers, ont été l'un des principaux centres d'intérêt de la représentante Jayapal.

C'est le travail du Congrès de s'assurer qu' « une entreprise comme Amazon ne peut pas mettre en faillite une petite entreprise qui produit des couches en prenant toutes ces informations sur le marché auxquelles personne d'autre n'a accès, et en les utilisant pour subventionner les pertes et pousser les petites entreprises à la faillite », a déclaré Jayapal.

Elle a également eu une relation moins que cordiale avec le PDG d'Amazon, Jeff Bezos. Lors d'une interview, Jayapal a déclaré qu'elle n'avait jamais rencontré le milliardaire auparavant. Ils se sont effectivement parlé virtuellement en juillet lorsqu'elle l'a interrogé sur le sujet pendant les audiences, mais elle a déclaré cette semaine que la communication a été rare depuis lors. « J'ai usé de la politique de porte ouverte pour parler avec Monsieur Bezos et je l'ai invité à de nombreuses reprises », a-t-elle déclaré. Bien qu'elle ait rencontré des cadres supérieurs d'Amazon.

Microsoft comme exemple

« La leçon à tirer est que l'autorégulation ne fonctionne pas », a déclaré Jayapal. Elle cite Microsoft comme exemple à suivre par Amazon, pour sa collaboration fructueuse avec le gouvernement. En 1998, Microsoft a fait l'objet d'une enquête antitrust du Congrès et beaucoup voulaient briser la société. Au final, Bill Gates a pu éviter une rupture en promettant de changer les méthodes de son entreprise. L'entreprise a dû « changer sa culture, changer ses lignes d'activité. Le processus d'implication du gouvernement a conduit Microsoft à créer une « plate-forme pour que d'autres petites entreprises puissent prospérer », a déclaré Jayapal.

Jayapal est peut-être le membre le plus libéral de l'équipe chargée d'enquêter sur les grandes technologies. Élue au Congrès en 2016, Jayapal est considérée comme un mentor pour les nouveaux législateurs démocrates.

Jayapal a également cité l'exemple de Microsoft pour expliquer pourquoi la dissolution d'une entreprise n'est pas toujours la meilleure option. « Peut-être qu'avec le recul, Amazon, une fois que nous les aurons réglementés, une fois que nous aurons mis en œuvre certaines des recommandations du rapport, nous regarderons en arrière et nous dirons : vous savez quoi ? C'est une bonne chose que cela soit arrivé », a-t-elle dit.

Source : Rapport

Et vous ?

Que vous inspirent ces faits ?
Que pensez-vous des propos de la députée Jayapal ? Partagez-vous son avis ?

Voir aussi :

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

Amazon, Facebook, Apple, et Google ont des pouvoirs de monopoles, c'est pourquoi ils doivent être démantelés, d'après le rapport parlementaire US

Une ONG parle de l'accélération des dépenses en lobbying des GAFAM en Europe, qui sont deux fois plus élevées que celles des sept plus grands constructeurs automobiles européens selon Corporate Europe

Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leurs pratiques anticoncurrentielles, disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises
5  0 
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 21/10/2020 à 20:12
Google répond au DOJ, qui l’accuse de protéger illégalement son monopole,
En décrivant son procès comme « profondément vicié qui ne ferait rien pour aider les consommateurs »

Le ministère américain de la Justice a déposé mardi une plainte contre Google qui allègue que le géant de la technologie s'est construit un avantage déloyal sur ses petits concurrents grâce à un réseau d'accords commerciaux illégaux. Google a riposté le même jour, et sa réponse donne le coup d'envoi de ce qui devrait être une longue bataille juridique pour savoir si l'entreprise de recherche et de publicité en ligne utilise injustement son pouvoir de marché démesuré pour empêcher les concurrents.

La plainte du ministère de la Justice, déposée mardi, allègue que Google protège illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars. Le procès met en avant la domination de Google dans la recherche et la publicité en ligne comme preuve de son statut de monopole qui « doit être arrêté », a déclaré Ryan Shores, procureur général adjoint associé, lors d'une conférence de presse mardi matin. Une enquête du ministère a révélé que Google contrôle plus de 88 % du marché de la recherche en ligne.


Le DOJ soutient également que la pratique de Google consistant à payer les fabricants de smartphones pour préinstaller ses applications offre à la société un avantage déloyal. Selon la plainte, 94 % des recherches sur les appareils mobiles sont effectuées via Google. Parce que Google verse aux fabricants de smartphones tels qu'Apple, Samsung et d'autres pour faire du moteur de recherche de Google le moteur par défaut de leurs appareils, les petits moteurs de recherche n'ont jamais l'envergure nécessaire pour améliorer leurs algorithmes et se développer, d’après le gouvernement.

Google a riposté en publiant un article sur son blog, rédigé par le directeur juridique Kent Walker, arguant que la poursuite intentée par le ministère de la Justice « est profondément entachée d'irrégularités ». « Ce procès n'aiderait en rien les consommateurs ». « Au contraire, elle renforcerait artificiellement les alternatives de recherche de moindre qualité, augmenterait les prix des téléphones et rendrait plus difficile l'accès aux services de recherche que les gens souhaitent utiliser », lit-on.

Walker a commencé son billet en écrivant que Google Search a mis les informations du monde entier à la portée de plus d'un milliard de personnes. Il a dit ensuite que la plainte du DOJ s'appuie sur « des arguments antitrust douteux pour critiquer nos efforts visant à rendre Google Search facilement accessible aux personnes ». « Les gens utilisent Google parce qu'ils le souhaitent, et non parce qu'ils y sont contraints ou parce qu'ils ne peuvent pas trouver d'autres solutions », a-t-il ajouté.

« Nous payons pour promouvoir nos services, tout comme une marque de céréales pourrait payer un supermarché pour stocker ses produits »

Le ministère de la Justice a accusé Google de conclure des accords avec des grandes enseignes comme Apple et d'étouffer la concurrence par le biais de contrats et d'accords commerciaux exclusifs. En répondant à cette accusation, Walker a écrit :

« Oui, comme d'innombrables autres entreprises, nous payons pour promouvoir nos services, tout comme une marque de céréales pourrait payer un supermarché pour stocker ses produits au bout d'une rangée ou sur une étagère à hauteur des yeux. Pour les services numériques, lorsque vous achetez un appareil pour la première fois, il est doté d'une sorte d'écran d'accueil "à hauteur des yeux". Sur les téléphones portables, cette étagère est contrôlée par Apple, ainsi que par des sociétés comme AT&T, Verizon, Samsung et LG. Sur les ordinateurs de bureau, cette étagère est contrôlée en grande partie par Microsoft ».

Google négocie donc des accords avec les sociétés partenaires pour des étagères à hauteur des yeux. Mais Google n’est pas le seul à le faire, plusieurs autres concurrents négocient les mêmes places, selon Walker. Par ailleurs Google dit que ses accords avec Apple et d'autres fabricants d'appareils ainsi qu’avec les opérateurs « ne sont pas différents des accords que beaucoup d'autres entreprises ont traditionnellement utilisés pour distribuer des logiciels. D'autres moteurs de recherche, dont Bing de Microsoft, nous font concurrence pour ces accords. Et nos accords ont été soumis à des examens antitrust répétés ».

Walker poursuit en expliquant comment les gens peuvent passer de Google à d'autres outils de recherche, en utilisant des gifs pour illustrer les processus. Il ajoute qu’Apple intègre Google Search dans son navigateur Safari « parce qu'ils disent que Google est le meilleur ». Toutefois, les concurrents Bing et Yahoo paient également pour figurer en bonne place, et d'autres services rivaux y apparaissent également.


Walker dit que l'iPhone d'Apple permet, par ailleurs, de modifier facilement les paramètres et d'utiliser des moteurs de recherche alternatifs dans Safari. « C'est encore plus facile dans iOS14, où vous pouvez ajouter des widgets de différents fournisseurs ou effectuer des recherches sur l'écran d'accueil ».

Google fait face à d’autres concurrents de recherche d’informations comme Twitter, Amazon, OpenTable et d'autres

Google dit qu’il n’abuse pas de sa position de domination sur Android. Le géant américain a conclu des accords promotionnels avec les opérateurs et les fabricants d'appareils afin de proposer des services Google sur leurs plateformes. « Ces accords nous permettent de distribuer Android gratuitement, et donc de réduire directement le prix que les gens paient pour les téléphones ». Et sur ces plateformes, les opérateurs et les fabricants d'appareils préchargent, eux-mêmes, de nombreuses applications et boutiques d'applications concurrentes, d’après Google.


De plus, Walker affirme que le procès ne va pas assez loin, car il ne reconnaît pas que Google est en concurrence avec des entreprises de recherche d’informations qui ne sont pas des moteurs de recherche.

« Il prétend que nous ne sommes en concurrence qu'avec d'autres moteurs de recherche généraux », écrit Walker. « Mais c'est manifestement faux. Les gens trouvent des informations de nombreuses façons : ils cherchent des nouvelles sur Twitter, des vols sur Kayak et Expedia, des restaurants sur OpenTable, des recommandations sur Instagram et Pinterest. Et lorsqu'ils cherchent à acheter quelque chose, environ 60 % des Américains commencent sur Amazon ».

Le ministère de la Justice dispose d'une grande marge de manœuvre pour demander une réparation et, mardi, il a déclaré que « rien n'était hors de question », y compris une rupture de la société de recherche et de publicité. Dans la demande de réparation de la plainte, les États-Unis demandent une réparation structurelle nécessaire pour remédier à tout préjudice anticoncurrentiel ». Le ministère a également demandé au tribunal d'ordonner à Google de cesser son comportement anticoncurrentiel et de payer les frais du gouvernement.

Mais Google est « persuadé qu'un tribunal conclura que ce procès ne correspond ni aux faits ni au droit », d’après Walker. « La loi antitrust américaine est conçue pour promouvoir l'innovation et aider les consommateurs, et non pour faire pencher la balance en faveur de certains concurrents ou rendre plus difficile l'accès aux services que les gens souhaitent », a-t-il écrit.

« L'objectif des lois antitrust est de protéger les consommateurs, et non les concurrents. Le fait qu'un concurrent soit désavantagé ou exclu du marché n'est donc pas une affaire d'antitrust », avait déclaré l'avocat David Balto au début de l'année. La réponse de Google promet une rude bataille judiciaire contre le ministère de la Justice. Attendons de voir la suite.

Source : Google

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quelle suite prévoyez-vous pour ce procès DOJ contre Google ?

Voir aussi :

Facebook, Google, Apple et Amazon enfreignent la loi antitrust des USA d'après les conclusions d'une enquête parlementaire. Les démocrates recommandent entre autres le démantèlement
Microsoft est désormais "l'adulte dans la salle" parmi les grandes technologies, déclare une députée de Seattle, lors d'une audition devant le congrès portant sur les pratiques commerciales des GAFAM
La France et les Pays-Bas demandent la création d'une autorité antitrust pour réguler les GAFA en UE, et n'excluent pas la possibilité de procéder à des démantèlements en ultime recours
Le ministère US de la Justice accuse Alphabet (Google) de protéger illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars, et n'exclut pas un démantèlement
5  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 11:39
Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
L’on estime qu'Apple reçoit aujourd'hui entre 8 et 12 milliards de dollars de paiements annuels, contre 1 milliard de dollars par an en 2014, en échange de l'intégration du moteur de recherche de Google dans ses produits. Il s'agit probablement du plus gros paiement que Google verse à quiconque et représente 14 à 21 % des bénéfices annuels d'Apple. Ce n'est certainement pas de l'argent qu'Apple serait impatient de laisser tomber.
Purée , plusieurs milliards de dollar juste pour mettre Google comme moteur de recherche par défaut.
J'imagine qu'aucune autre entreprise pourrait proposer un meilleur deal à Apple.

Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
Les deux entreprises sont contre l’avis des régulateurs et estiment qu’il y a de nombreux partenariats du genre dans la Silicon Valley. « Nous avons ce genre de terme étrange dans la Silicon Valley : co-opposition », a déclaré Bruce Sewell, avocat général d'Apple entre 2009 et 2017. « Vous avez une concurrence brutale, mais en même temps, vous avez une coopération qui est nécessaire ». Ils sont en concurrence sur pas mal de fronts, comme les smartphones, les cartes numériques et les ordinateurs portables. Mais ils savent aussi se montrer gentils quand cela leur convient.
Apple n'a pas de moteur de recherche ni de plateforme vidéo comme YouTube, donc ça ne lui pose pas problème que les gens utilisent ces services.

Citation Envoyé par L33tige Voir le message
Ca me rappel un épisode de Crossed de Karim Debbache.
Je me rappelle de cette blague, c'était peut-être dans un épisode de l'émission Chroma (uniquement disponible sur Dailymotion en principe).

Ça me fait penser à la chanson "Arrête un peu ta parano" de Didier Super :
Arrête un peu ta parano, si vraiment les gouvernements
Ils étaient vraiment les larbins des multinationales
Tu crois pas qu’il y a bien longtemps
Que les multinationales, elles domineraient toute la planète
Et peut-être même le monde
Et qu'elles auraient même plus besoin de s’acquitter de leurs impôts
Non mais sérieux, faut réfléchir deux secondes
5  0 
Avatar de L33tige
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 11:14
"non mais faut arrêter le cliché des films ou les grosses entreprises sont les méchants et prennent des décisions du haut de leur tour en ricanant." Ca me rappel un épisode de Crossed de Karim Debbache.
5  1 
Avatar de esperanto
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 12/10/2020 à 8:55
Citation Envoyé par Nancy Rey Voir le message
Au final, Bill Gates a pu éviter une rupture en promettant de changer les méthodes de son entreprise.
Ah bon? J'aimerais bien savoir en quoi Microsoft a changé ses méthodes. La vente liée, ça n'a pas changé. Le secure boot qui empêche de choisir sa distribution linux si elle n'a pas payé sa dîme à Microsoft, c'est quand même eux. Ah oui pardon, maintenant il y a la possibilité de payer qui n'existait pas avant...

Au fait, l'adulte, c'est pas celui qui a quitté la maison et peut donc faire ses bêtises dans son coin sans embêter personne?
Au fond elle a juste raison sur un point: l'adulte, ce n'est pas elle!
4  2 
Avatar de MRSizok
Membre actif https://www.developpez.com
Le 26/10/2020 à 11:39
Le DoJ est contrôlé par qui? Car, il porte plainte...Mais en vrais ça profite à qui?
2  0