Depuis quelques jours, NSO Group, l’entreprise israélienne de fourniture de logiciels prétendument conçus pour lutter contre le crime et le terrorisme est sous les feux des projecteurs. Les logiciels qu’elle met à la disposition des États ont été utilisés dans des campagnes de surveillance massives sur des personnes qui n’ont rien à voir avec le crime ou le terrorisme. Le président français Emmanuel Macron, 14 ministres et plusieurs autres chefs d’État et de gouvernement figurent sur la liste des personnes ciblées. Selon Amnesty International qui a mis à nu la liste de 50 000 numéros qui auraient été espionnés par Pegasus, plusieurs milliers d’iPhone pourraient avoir été ciblés à travers des attaques « sans clic » menées par les clients de NSO Group.Une surveillance qui date de plusieurs années
Depuis les révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage massif réalisé par les agences de renseignement des États-Unis, il n’est plus surprenant de voir éclater en plein jour des scandales d’espionnage massif de haut niveau. NSO Group, pour ce qui le concerne, n’est pas à son premier scandale. Déjà en 2016, les entreprises de sécurité Citizen Lab et Lookout ont découvert une tentative d’infiltration de l’iPhone d’Ahmed Mansoor, un défenseur des droits de l’homme vivant aux Émirats arabes unis (EAU) à partir d’outils liés à l’entreprise NSO Group. Pour revenir sur les faits, le 10 et 11 août 2016, le lauréat du Martin Ennals Award (le prix Nobel pour les droits de l’homme) a reçu un SMS sur son iPhone qui lui demandait de cliquer sur un lien qui lui permettrait d’avoir accès à de « nouveaux secrets » sur les détenus torturés dans les prisons des Émirats arabes unis.
Ayant transféré le lien aux chercheurs de Citizen Lab, ces derniers ont constaté que le lien menait à une infrastructure d’exploits de NSO Group. En creusant encore, les chercheurs de Citizen Lab, avec l’aide de ceux de Lookout, ont déterminé que les liens menaient vers une chaîne de trois exploits de type zero day qui aurait permis d’effectuer un jailbreak à distance de l’iPhone 6 de Mansoor et y installer un logiciel espion sophistiqué. Une fois infecté, son téléphone serait devenu une véritable source de renseignements étant donné que les pirates auraient pu se servir de la caméra de son appareil ainsi que de son microphone pour espionner ses activités, ses déplacements, sans compter le fait que ses appels auraient pu être enregistrés même s’il passait par des services comme WhatsApp ou Viber. En 2017, Lookout a encore détecté les traces d’une autre version du même logiciel espion Pegasus de NSO Group, cette fois sur des appareils Android.
Une campagne d’espionnage malveillante de portée mondiale
Revenant sur le récent scandale qui met en lumière une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone constituant des cibles potentielles et pour lesquels 37 appareils correspondants ont déjà été analysés et confirmés comme infectés par Pegasus, Amnesty Inetrnational rapporte que ces conclusions sont le fruit d’une collaboration menée avec plus de 80 journalistes de 17 médias dans 10 pays et coordonnée par Forbidden Stories, une ONG basée à Paris travaillant dans le secteur des médias. Amnesty International, elle-même, déclare avoir mené des analyses techniques de pointe visant à détecter des traces du logiciel espion Pegasus dans des téléphones portables.
À la suite des analyses menées pour suivre les traces de Pegasus sur les appareils des personnes ciblées, l’on note des journalistes, des militants des droits de l’homme, des chefs d’entreprise et deux femmes proches du journaliste saoudien assassiné Jamal Khashoggi, rapporte le Washington Post. Le Guardian, quant à lui, aurait filtré dans la liste divulguée 15 000 politiciens, journalistes, juges, militants et enseignants au Mexique. Dans certains scénarios, plus de 1 000 numéros figurant sur la liste se retrouvaient répartis dans plus de 50 pays. Les victimes comprenaient des membres de la famille royale arabe, au moins 65 dirigeants d’entreprise, 85 militants des droits de l’homme, 189 journalistes et plus de 600 politiciens et représentants du gouvernement, dont des ministres, des diplomates et des officiers de l’armée et de la sécurité. Les numéros de plusieurs chefs d’État et Premiers ministres figuraient également sur la liste.
De son côté, Forbidden Stories explique sur son site Web que les journalistes ciblés provenaient de pays tels que le Mexique, la Hongrie, le Maroc, l’Inde et la France, entre autres. En ce qui concerne la France, même si elle n’est pas une cliente de NSO Group, plusieurs journalistes de l’hexagone figurent parmi les numéros ciblés. C’est le cas des cofondateurs de Mediapart Edwy Plenel et Lénaïg Bredoux, mais aussi de la journaliste Dominique Simonnot lorsqu’elle travaillait encore pour l’hebdomadaire satirique le Canard enchainé.
Une liste de personnes ciblées qui continue de livrer ses secrets
Alors que la liste des 50 000 numéros de téléphone continue d’être épluchée, plusieurs nouveaux noms s’ajoutent à la longue liste des personnes ayant été ciblées par Pegasus. Depuis quelques heures, le numéro de téléphone du président de la République française, Emmanuel Macron, a été retrouvé dans la liste des numéros qui a fuité. Il n’est un secret pour personne que le président Emmanuel Macron a deux iPhone. Dans plusieurs vidéos, on peut le voir avec ces appareils. Selon plusieurs médias français, un des numéros qu’il...
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