Apple a publié une mise en garde alarmiste et intéressée à l'intention du gouvernement australien, affirmant que les Australiens seront envahis par un cortège d'horreurs numériques si l'Australie suit l'exemple de l'Union européenne et réglemente le "jardin clos" d'Apple. Cependant, l'EFF affirme : "Les affirmations d'Apple sur le chaos et les dangers auxquels les Européens sont confrontés grâce à la DMA sont encore plus drôles lorsque l'on sait qu'Apple a bafoué la législation européenne par des actes de conformité malveillants à couper le souffle. Apparemment, le carnage de l'iPhone en Europe a été déclenché par les mots inscrits dans les livres de loi européens, sans même qu'Apple n'ait à respecter ces lois !"En 2021, Apple a retiré Fortnite de l’App Store après qu’Epic ait lancé une mise à jour du jeu comportant son propre système de paiement in-app. Le système de paiement d’Epic lui permet en effet d’éviter de payer les 30 % de commissions exigées par Apple lors des achats dans les applications. L’éditeur du jeu Fortnite a alors demandé une ordonnance dans le but d’obliger Apple à remettre le jeu dans sa boutique jusqu’à la fin de la bataille judiciaire.
Epic a notamment porté le problème en Australie, entamant une procédure contre Apple en faisant valoir que les pratiques du fabricant d'iPhone contrevenaient à la loi australienne sur la concurrence et la consommation. Apple a pu faire appel de la poursuite en avril 2021, arguant que l'affaire devrait être réglée par le tribunal de district américain. Epic a rapidement contre-appelé, arguant que des préoccupations d'ordre public justifient un procès séparé. La Cour fédérale australienne a alors statué en faveur d'Epic.
Récemment, Apple a publié une mise en garde alarmiste et intéressée à l'intention du gouvernement australien, affirmant que les Australiens seront envahis par un cortège d'horreurs numériques si l'Australie suit l'exemple de l'Union européenne et réglemente le "jardin clos" d'Apple. Face à cette affirmation d'Apple, l'EFF a partagé son point de vue sur le sujet.
Voici l'analyse de l'Electronic Frontier Foundation (EFF) de la situation :
Pour rappel, la loi européenne sur les marchés numériques est une loi vaste, complexe et ambitieuse qui s'attaque directement à la source du pouvoir des grandes entreprises technologiques : l'enfermement. Pour les utilisateurs, la loi sur les marchés numériques propose des règles d'interopérabilité qui permettent aux Européens d'échapper aux jardins clos des géants américains de la technologie sans renoncer à leurs relations et à leurs souvenirs numériques.
Pour les petites entreprises, le DMA offre quelque chose de tout aussi précieux : le droit de traiter leurs propres paiements. Cela peut sembler ennuyeux, mais il faut savoir qu'Apple prélève une commission de 30 % sur la plupart des paiements effectués par l'intermédiaire des applications pour iPhone et iPad, et qu'elle interdit aux fabricants d'applications d'inclure d'autres méthodes de paiement ou même de mentionner que les clients d'Apple peuvent effectuer leurs paiements sur le web.
Cela signifie que chaque euro qu'un utilisateur européen de Patreon envoie à un artiste fait un aller-retour à Cupertino, en Californie, et revient avec 30 centimes de moins. Il en va de même pour l'argent envoyé aux grands journaux, aux grands jeux ou aux grands fournisseurs de services. Pendant ce temps, le coût réel du traitement d'un paiement dans l'UE est inférieur à 1 %, ce qui signifie qu'Apple prend une marge de 3 000 % sur ses paiements dans l'UE.
Pour ne rien arranger, Apple utilise la "gestion des droits numériques" pour verrouiller les iPhones et les iPads dans son App Store officiel. Cela signifie que les Européens ne peuvent pas échapper à la "taxe sur les applications" de 30 % imposée par Apple en installant des applications provenant d'un magasin dont les politiques de paiement sont plus équitables. Ici aussi, la DMA offre une solution, avec une règle qui exige qu'Apple permette le « sideloading » des applications (c'est-à-dire l'installation d'applications sans passer par un magasin d'applications). La même règle exige qu'Apple permette à ses clients de choisir d'utiliser des boutiques d'applications indépendantes.
Avec le DMA, l'UE est à l'avant-garde des politiques technologiques intelligentes et administrables...
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