IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le FBI incapable d'accéder aux données de l'iPhone d'une journaliste protégé par le Lockdown Mode : dix ans après le bras de fer de San Bernardino qui a opposé Apple à Washington, la bataille reprend

Le , par Stéphane le calme

113PARTAGES

28  0 
Dix ans après le bras de fer historique de 2016, la guerre entre Cupertino et Washington reprend sur un nouveau champ de bataille technologique – et cette fois, les algorithmes l'emportent sur les assignations. En saisissant l’iPhone d’un journaliste dans le cadre d’une enquête fédérale, le Federal Bureau of Investigation pensait disposer d’un terrain familier : extraction de données, analyse forensique, recoupements. C’était sans compter sur le Lockdown Mode d’Apple, un mode de sécurité extrême conçu pour contrer les attaques sophistiquées. Résultat : un smartphone scellé comme un coffre-fort, et une illustration très concrète de la manière dont la sécurité « by design » redessine l’équilibre entre protection des individus et capacités d’enquête de l’État.

Le 14 janvier 2026, au petit matin, les agents du FBI ont fait irruption au domicile d'Hannah Natanson, journaliste chevronnée du Washington Post située en Virginie du Nord. Cette perquisition s'inscrit dans le cadre d'une enquête portant sur des fuites présumées d'informations classifiées impliquant un entrepreneur gouvernemental, Aurelio Luis Perez-Lugones, âgé de 61 ans et résidant dans le Maryland.

Les agents fédéraux ont saisi un arsenal technologique : un iPhone 13, deux ordinateurs MacBook Pro (dont l'un appartient au Washington Post), un disque dur portable de 1 To, un enregistreur vocal et une montre Garmin. L'objectif était clair : identifier les sources de la journaliste et retracer les communications qui auraient permis la divulgation de documents confidentiels. Pourtant, Hannah Natanson n'a elle-même fait l'objet d'aucune inculpation criminelle, un détail qui amplifie les inquiétudes des défenseurs des libertés civiles.

Cette opération a immédiatement déclenché un tollé. Le Washington Post et sa journaliste ont déposé une requête en justice, arguant que cette saisie violait le Premier Amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse. Leur argumentaire repose sur le principe selon lequel la protection des sources journalistiques constitue un pilier fondamental de la démocratie et du journalisme d'investigation. Un juge fédéral a d'ailleurs émis une ordonnance de suspension, interdisant temporairement au gouvernement de poursuivre l'analyse des appareils saisis en attendant une décision judiciaire définitive sur leur restitution.

La forteresse numérique : comment le mode Lockdown a tenu bon

C'est dans les documents judiciaires déposés le 30 janvier 2026, soit environ deux semaines après le raid, que le FBI a révélé involontairement l'échec de ses tentatives d'extraction de données. Le passage crucial du dossier stipule : « Parce que l'iPhone était en mode Lockdown, l'équipe CART n'a pas pu extraire cet appareil. »

L'équipe CART (Computer Analysis Response Team) représente pourtant l'élite technologique du FBI, spécialisée dans l'analyse médico-légale des dispositifs électroniques saisis. Ces experts disposent normalement d'un arsenal d'outils sophistiqués, incluant des technologies tierces comme GrayKey de la société Cellebrite, capables de contourner les protections standards des smartphones. Or, face au mode Lockdown, ces techniques se sont révélées impuissantes.

Selon le rapport, l'iPhone a été découvert allumé et en charge, son écran affichant clairement l'activation du mode Lockdown. Cette information indique que pendant au minimum deux semaines, les spécialistes fédéraux n'ont pas réussi à percer les défenses du téléphone. Il reste inconnu si, depuis lors, ils ont pu accéder au dispositif par d'autres moyens, mais au moment du dépôt du document judiciaire, le verrou technologique tenait bon.

Le contraste avec les autres appareils saisis est saisissant. Les agents ont réussi à déverrouiller l'un des MacBook Pro en utilisant la biométrie de la journaliste. Conformément au mandat de perquisition qui les y autorisait, ils ont demandé à Hannah Natanson de placer son doigt sur le lecteur Touch ID de l'ordinateur portable appartenant au Washington Post. L'appareil s'est déverrouillé, permettant aux enquêteurs de photographier et d'enregistrer certaines conversations Signal. Cependant, le MacBook personnel de la journaliste, protégé par un mot de passe, est resté inaccessible, tout comme l'iPhone blindé par le mode Lockdown.


Comprendre le mode Lockdown : une armure pour les cibles privilégiées

Introduit par Apple en 2022 avec iOS 16, le mode Lockdown n'est pas une fonction ordinaire. Apple le qualifie de « protection extrême » destinée à « un très petit nombre de personnes qui, en raison de qui elles sont ou de ce qu'elles font, pourraient être personnellement ciblées par certaines des menaces numériques les plus sophistiquées. » Le géant californien précise que la plupart des utilisateurs ne sont jamais visés par des attaques de cette nature.

Cette fonctionnalité a été conçue principalement pour contrer les logiciels espions mercenaires, ces outils de surveillance puissants souvent déployés par des États ou des organisations pour infiltrer à distance les téléphones de cibles jugées sensibles : journalistes d'investigation, militants des droits humains, opposants politiques, avocats ou personnalités publiques controversées.

Les restrictions imposées par le mode Lockdown sont drastiques et affectent de nombreux aspects du fonctionnement habituel de l'iPhone. Voici les principales limitations :
[LIST][*]Blocage des pièces jointes et des liens : La plupart des types de pièces jointes dans l'application Messages sont bloqués, à l'exception des images. Les aperçus de liens sont désactivés.[*]Neutralisation des connexions filaires : Point crucial dans l'affaire Natanson, le mode Lockdown empêche les accessoires externes ou les appareils de se connecter à l'iPhone lorsque celui-ci est verrouillé. Cette mesure neutralise directement les outils médico-légaux comme GrayKey, qui nécessitent une connexion physique pour extraire les données.[*]Désactivation...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-nous-la !

Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 08/02/2026 à 12:43
Cela devrait être la norme :
- Le chiffrement est une protection contre le vol et les états autoritaires.
- Respect de la vie privée.

Vouloir empêcher ou "réguler" le chiffrement n'est pas une pratique démocratique.

Après, je doute qu'il n'y ait pas des contournements ou des failles de sécurité exploitable par les services d'espionnage d'états ...
7  0 
Avatar de smarties
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 09/02/2026 à 8:58
Je suis d'accord mais les arguments que je reçois quand j'en parle :
* je n'ai rien a cacher
* je suis parano ou j'exagère

Rien que pour faire adopter Signal à la place de WhatsApp ce n'est pas simple
3  0