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Apple se comporte comme un « voleur de grand chemin », pour le Président de la House Antitrust Committee
Qui note que les développeurs sont terrorisés par des éventuelles représailles économiques

Le , par Stéphane le calme

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Pour éviter d’avoir à payer une commission sur les inscriptions à son service, le service d’e-mail Hey a supprimé toute possibilité d'inscription de son application qui se résume donc à l'ouverture à un formulaire de connexion, l'utilisateur devant alors se rendre sur le web pour créer son compte.

Pour le moment l'accès est sur invitation uniquement. L'ouverture à tous sera faite courant juillet. Une manière de tester le service à petite échelle, puis de monter progressivement en charge. Vous pouvez essayer le service pendant 14 jours, sans avoir à donner de numéro de carte bancaire. Après quoi, deux possibilités s’offrent à vous. Soit vous quittez le service, auquel cas votre compte n'existera plus sous 90 jours, soit vous payez pour un an, et l'adresse e-mail utilisée « sera la vôtre à tout jamais ». Même en cas de coupure d'abonnement, elle ne sera pas récupérable par un tiers. Une fois cette période écoulée, le service vous coûtera 99 dollars par an (avec 100 Go de stockage).

Plus tôt cette semaine, Heinemeier Hansson, cofondateur et directeur technique de Basecamp qui est l’éditeur de l’application, a fait valoir qu’Apple a menacé de supprimer l’application iOS Hey de l'App Store si elle ne permettait pas aux utilisateurs de s’abonner depuis l’application, ce qui implique accessoirement de payer 30 % de commission à Apple.

Pour le Représentant démocrate David Cicilline, qui est à la tête House Antitrust Committee, Apple abuse de sa situation et se comporte comme un tyran : « En raison du pouvoir de marché qu'Apple possède, il fait payer des taxes exorbitantes et tente d’intimider ceux qui ne veulent pas le faire, leur donnant le choix entre payer les 30 % ou se voir refuser l'accès à leur marché ». Pour lui, en procédant ainsi, Apple se comporte essentiellement comme un « voleur de grand chemin ».

Et d’indiquer que « cela écrase les petits développeurs qui ne peuvent tout simplement pas survivre avec ce type de taxes. S'il y avait une réelle concurrence sur ce marché, cela ne se serait pas produit ».

« De plus en plus de personnes veulent bien partager leurs expériences, avouant qu’elles ont peur des représailles économiques, peur de ne pas pouvoir survivre à ces représailles économiques que ces grandes plateformes peuvent lancer en raison du pouvoir dont elles disposent et nous avons l'intention de suivre cela minutieusement », a déclaré le représentant Cicilline. « C'est un vrai problème sur le marché. C'est une conséquence directe de l'énorme pouvoir de marché, du fait qu'Apple est le gardien de ces développeurs, et nous avons entendu de très nombreux exemples. »

« Personne n'a le choix », a regretté Heinemeier Hansson. « Tout le monde a peur... et j’ai fini par comprendre pourquoi. Si vous êtes une entreprise cotée en bourse, vous ne pouvez pas vous le permettre. Vous ne pouvez pas vous permettre de perdre des entrées et de vous dire : ’Oh, nous venons de perdre 50 % de nos entrées au dernier trimestre parce que nous avons eu un problème avec Apple’. Et si vous êtes un petit développeur, vous ne pouvez pas vous le permettre littéralement parce que vous pourriez faire faillite, vous pourriez même perdre votre maison s'ils venaient à vous expulser de l'App Store ».


Apple n’est pas disposé à laisser son PDG témoigner

Et le moment ne pouvait pas être pire pour Apple. Le même jour où Hey a été rejeté, l'UE a annoncé l’ouverture d’une enquête antitrust sur l'App Store. Aux États-Unis, le House Antitrust Committee, présidée par Cicilline, a demandé aux PDG d'Amazon, de Google, de Facebook et d'Apple de témoigner dans le cadre de son enquête plus large sur le pouvoir des marchés numériques.

À l’exception d’Apple, toutes les entreprises semblaient d’accord pour témoigner, selon deux sources proches du dossier. Dans un courrier électronique adressé au comité, qui a été examiné par POLITICO, un avocat d’Apple a souligné que l’entreprise n'avait fait aucune promesse concernant le témoignage de son PDG.

Facebook a accepté de rendre son PDG, Mark Zuckerberg, disponible pour témoigner si les PDG des trois autres sociétés (notamment Apple, Amazon et Google, la société mère Alphabet) acceptaient eux aussi de comparaître, ont indiqué les sources. Alphabet a déclaré aux législateurs qu'il était disposé à envoyer le PDG Sundar Pichai dans les mêmes conditions, a précisé l'une des sources. Et POLITICO a rapporté lundi que Jeff Bezos, l'homme le plus riche du monde et le PDG d'Amazon, était également prêt à témoigner sur un panel potentiel de quatre PDG. Mais Apple n'a pas encore pris le même engagement.

Les entreprises ont eu jusqu'à dimanche dernier pour dire au comité si elles rendraient leurs PDG disponibles, a déclaré une des sources.


Heinemeier Hansson donne plus d’éclaircissements sur la situation

« Hey est un nouveau service de messagerie que nous développons depuis deux ans. Nous avons dépensé des millions de dollars pour cela, avec les 56 personnes que nous avons dans l'entreprise, et nous l’avions enfin achevé. Vendredi dernier, nous avons soumis notre application pour approbation dans l'App Store d'Apple. Nous étions tellement ravis d'obtenir l'approbation. La V1 de l'application est disponible dans l'App Store. C'est toujours un processus acéré - nous pensions avoir vérifié chaque case. Nous sommes dans l'App Store depuis très longtemps. Nous savons quelles sont les deux règles écrites et quelles sont les règles non écrites, et nous pensions que nous étions en totale conformité, alors quand nous avons obtenu l'approbation, nous avons pensé : ‘Excellent’.

« Ensuite, nous déployons le service à grande échelle lundi, et nous soumettons un correctif de bogue à notre application, une version 1.01, comme il s’agissait simplement d’une mise à jour de performances, nous pensions que cela irait de soi et que les utilisateurs du service payant allaient profiter des corrections de bogues. Eh bien non.

« Nous obtenons un rejet et nous nous faisons citer leur section 3.1.1, qui est cette section notoire dans leurs politiques App Store qui disent que les paiements doivent se faire dans l'application. Mais c'est étrange. Nous venons tout juste d'être approuvés vendredi. Pourquoi évoquent-ils cela maintenant ? Cela ne nous concerne pas. Nous avons suivi toutes les règles non écrites, alors nous avons pensé: ‘Les politiques de l'App Store d'Apple [sont] souvent appelées la ``roue du malheur''’, vous pouvez essayer de la faire tourner à nouveau, tomber sur un autre examinateur qui voit les choses différemment, et ne plus avoir de problème. "

« Nous avons donc décidé de la faire tourner à nouveau. Nous soumettons un autre groupe de corrections de bogues et rebelote, nous avons un autre refus.

« Cette fois, ce n’est plus juste un courriel. Notre développeur principal sur l'application iOS reçoit un appel d'Apple disant essentiellement : "ce n'est pas une erreur. Votre demande a été examinée par l'Apple App Review Board. Ils ont trouvé que c'était un refus juste et correct. En fait, l'erreur a été que nous vous avons laissé entrer dans l'App Store en premier lieu. Donnez-nous un calendrier selon lequel vous commencerez à remettre plus de 30 % de vos revenus via cette application ou nous vous expulserons de l'App Store".


« Il n’a pas dit : " sortez de l'App Store ". Il a dit : " supprimez votre application de la disponibilité dans l'App Store " avec euphémisme. Ils ont essentiellement menacé de nous expulser de l'App Store. Nous venons de lancer cette application. Tout le monde semble en être assez content. Elle est disponible sur l'App Store. Il y a beaucoup de bonnes critiques, je pense qu'il a une note de 4,8 en ce moment. Et Apple dit : "À moins que vous ne commenciez à nous payer 30 % de vos revenus, nous allons supprimer l'application", ce qui pour nous revient à dire que si cela ne tue pas notre entreprise, ça va au moins la faire disparaître . Vous ne pouvez pas rivaliser avec les logiciels aujourd'hui si vous n'êtes pas disponible sur les appareils mobiles, et Apple contrôle une partie de ce duopole.

« Nous avons une autre application, Basecamp, dans l'App Store qui fonctionne exactement de la même manière. Vous achetez votre abonnement en dehors de l'App Store, vous accédez à l'App Store pour obtenir la version gratuite. Cela a fonctionné pendant des années et des années. Nous le faisons toujours. Nous lui soumettons toujours des mises à jour.

« Gmail vend une application gratuite dans l'App Store. Vous achetez un abonnement à G Suite en dehors de l’application. Microsoft vend un service de messagerie appelé Office 360, jusque là tout va bien. Mais pourquoi cela est-il différent pour nous ? »

Et d’expliquer pourquoi ce combat n’est pas porté sur macOS :

« Je ne me plains pas du Mac Store. S'ils veulent facturer 30 % dans le Mac Store, ça les regarde. Nous ne voulons pas accepter cet accord, aussi nous distribuons simplement notre logiciel directement.

« Sur l'iPhone, vous ne pouvez pas faire ça. Vous ne pouvez pas installer de logiciel sur l'iPhone à moins de passer par l'App Store. Donc, si nous avions la possibilité de choisir, si nous pouvions distribuer des logiciels sur l'iPhone sans passer par l'App Store, nous l’aurions fait. Nous aurions simplement un lien sur notre site Web qui dirait : ‘cliquez ici pour télécharger l’application sur iPhone’ et tout irait bien ».

Sources : Entretien avec Heinemeier Hansson et David Cicilline, Politico

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Avatar de Le gris
Membre averti https://www.developpez.com
Le 21/06/2020 à 12:27
Apple abuse vraiment de sa position de monopole. C'est vraiment agaçant!
3  1 
Avatar de earhater
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 22/06/2020 à 11:38
je rajoute ici quelques élements qui démontrent le monopole d'apple :

  • Si vous intégrez un SSO twitter, fb, google, ... Il doit y avoir le signin with apple en premier position sinon l'app est rejetée
  • Vous ne pouvez pas faire payer les utilisateurs de votre service sur votre site web sans donner la possibilité de le faire via l'app et donner 30 % à apple. Sauf que ça, ça dépend de la tête du client ! J'ai pas retrouvé le lien mais un site web recense les apps qui ont un paiement web (gestionnaires de mots de passes, fastmail, github, tesla etc) sans les faire payer dans l'app, et des services de négociation avec apple (très chers) se proposent de vous faire passer entre les mailles du filets, comme un service juridique
  • Il n'est pas possible d'avoir des stores alternatifs comme sur android. Certes moins populaires et moins qualis que ceux du fournisseur de base mais au moins il y a cette possibilité sur android
  • Apple ne respecte pas les règles de l'app store pour ses propres apps. tant que ça se limitait au SMS et calendrier on se disait pourquoi pas mais maintenant ça vient concurrencer d'autres entreprises comme celles de streaming (netflix) ou encore dans le domaine de la santé connectée


C'est pour ces raisons que les développeurs pestent contre apple, et à raison

EDIT : j'ai retrouvé le lien pour montrer que ça se fait à la tête du client ! https://youdownloadtheappanditdoesntwork.com/

Et les 2 trucs qui m'embêtent le plus avec apple mais on sort (un peu du débat) :

- Impossibilité de dev sur une plateforme d'autre que mac pour compiler sur ios et en plus il y a la contrainte suivante :
- Impossibilité de virtualiser mac os donc pour faire tourner une CI faut une machine physique allumée tout le temps dans le placard ... Et je vous parle même pas des outils horribles pour push via le code un ipa dans appstore connect alors que sur android c'est bcp mieux fichu en end to end
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Avatar de earhater
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 21/06/2020 à 19:05
Cela ne marche pas pour l'utilisateur lambda, un peu comme un apk d'Android ?
Bonjour, non ce n'est pas possible d'installer un .ipa (equivalent apk sur ios) directement depuis une URL comme sur android. Pour passer en mode dev il faut brancher son téléphone à xcode (l'équivalent android studio) avec un cable. Pour le partager en interne sans validation apple limitée à 25 personnes il faut un compte apple connect (payant à 100 $ un moment ou un autre). Pour une beta fermée à plus de 25 personnes ou publique c'est pareil sauf qu'apple doit valider manuellement votre app en cours de dev à chaque déploiement
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Avatar de archqt
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 21/06/2020 à 16:05
Je n'ai pas le besoin de mettre plus de 1000euros dans un téléphone donc je n'ai pas d'iPhone.
Cependant comment font les développeurs pour tester leur applications ? ils doivent bien passer sur un mode "développeur" pour l'installer.
Cela ne marche pas pour l'utilisateur lambda, un peu comme un apk d'Android ?
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Avatar de valtena
Membre actif https://www.developpez.com
Le 22/06/2020 à 9:30
Il ne reste plus qu'à faire un prix spécialement abonnement par app iphone qui rajoute les 30% d'apple... Je suis sûr que ça serait très mal pris par les utilisateurs d'apple mais il y a pas de raison que les consommateurs non apple paient pour ça.
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Avatar de archqt
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 22/06/2020 à 11:13
Citation Envoyé par earhater Voir le message
Bonjour, non ce n'est pas possible d'installer un .ipa (equivalent apk sur ios) directement depuis une URL comme sur android. Pour passer en mode dev il faut brancher son téléphone à xcode (l'équivalent android studio) avec un cable. Pour le partager en interne sans validation apple limitée à 25 personnes il faut un compte apple connect (payant à 100 $ un moment ou un autre). Pour une beta fermée à plus de 25 personnes ou publique c'est pareil sauf qu'apple doit valider manuellement votre app en cours de dev à chaque déploiement
Donc celui qui achète un iPhone il n'a même pas la possibilité de développer dessus sans devoir payer Apple, dingue ça
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