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Tim Cook : Apple n'est pas en situation de monopole puisqu'il vend moins que Samsung,
« nous n'avons une position dominante sur aucun marché »

Le , par Stéphane le calme

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Apple continue à se défendre contre les multiples accusations selon lesquelles la société aurait recours à des pratiques monopolistiques via son App Store. Juste après avoir présenté des nouveautés à la communauté des développeurs et à la presse lors de l’édition 2019 de la WWDC, Tim Cook a accordé une interview à CNBC pour présenter ses arguments.

Le PDG d'Apple est clair : Apple n'est pas en situation de monopole. Pour le justifier, il s’appuie sur la part de marché de l’iPhone dans le monde, qui est loin d’être dominante. Le PDG indique que Samsung et Huawei, par exemple, sont plus avancés en termes de ventes d'appareils.

« Je pense que nous devrions être surveillés. Mais si vous regardez notre politique, quelle que soit la mesure prise, Apple détient-elle un monopole ou non ? Je ne pense pas que quiconque raisonnable puisse en venir à la conclusion que Apple détient un monopole », précisant que « Notre part est beaucoup plus modeste. Nous n’avons une position dominante sur aucun marché ».

Apple a pris du retard sur Samsung et Huawei en termes de part de marché mondiale pour les smartphones à partir du premier trimestre de 2019, selon l'International Data Corporation. Alors que l’iPhone semble omniprésent aux États-Unis, d’autres marques sont plus répandues à l’international.

Étant donné la part de marché relativement réduite d’Apple dans cet espace, Cook a déclaré: « Nous ne sommes pas en situation de monopole ».


Le monopole ne concerne pas la quantité d’iPhone vendus

Mais l'argument antitrust contre Apple ne repose pas sur ses ventes d'iPhone. Les partisans du démantèlement des grandes entreprises technologiques, parmi lesquels figure la candidate démocrate à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren du Massachusetts, affirment que des sociétés comme Apple ne devraient pas être en mesure de gérer des marchés et de vendre leurs propres produits.

La situation de Spotify

Les développeurs d'applications comme Spotify se sont plaints que Apple utilise son App Store pour limiter injustement ses concurrents à ses propres services.

Pour rappel, tout a commencé en 2016 lorsque, dans le combat pour contrôler le marché du streaming musical, une mise à jour de l’application Spotify sur iOS a été refusée. Spotify, sans évoquer explicitement les motifs de rejet, s’en est prise à Apple. Elle a accusé la firme de Tim Cook d’utiliser son processus de validation de l’App Store pour mettre en avant son propre service de streaming de musique. En guise de justification, Apple a expliqué que l’éditeur ne respecte pas les règles commerciales. En effet, Spotify ne proposait plus à ses utilisateurs la possibilité de s’inscrire à son offre premium depuis son application. Une décision qui ne plairait pas à beaucoup d’utilisateurs, mais qui permettait au service d’éviter de payer les 30 % de commission à Apple comme l’exigent les règles de l’App Store. Or, Spotify proposait de le faire en passant par son site officiel, ce qui serait contraire aux règles imposées par Apple, qui stipulent qu’un développeur doit proposer la possibilité de s’abonner depuis l’application si un tel abonnement pouvait être souscrit ailleurs.

La firme de Cupertino a estimé que les propos tenus par Spotify sont infondés et ne justifient guère son agacement. De plus, la firme a déclaré regretter le fait que Spotify a décidé de rendre l’affaire publique. Bruce Sewell, directeur juridique d’Apple, a envoyé un courrier pour clarifier la situation avec une certaine ironie : « Il ne fait aucun doute que Spotify a largement bénéficié de son association avec l’App Store. Depuis votre arrivée en 2009 sur l’App Store, la plateforme d’Apple vous a fourni 160 millions de téléchargements pour votre application, engendrant des centaines de millions de dollars de revenus incrémentiels pour Spotify. C’est pourquoi nous sommes troublés que vous demandiez à être exemptés des règles qui s’appliquent à tous les développeurs ».


Apple a souligné dans sa lettre que ses règles s’appliquent à tout le monde, dans le but de favoriser la compétition et non pas de la dissoudre. Les autres services concurrents de streaming de musique proposent leurs applications sur l’App Store et sont soumis aux mêmes conditions. Pour la firme, Spotify demande un traitement de faveur, elle voudrait profiter des avantages de l’écosystème mis en place par Apple sans suivre les règles et payer une compensation. Bruce Sewell a précisé les motifs du rejet de la mise à jour de l’application Spotify, à savoir l’impossibilité de s’abonner directement depuis l’application iOS et l’affichage d’une simple bannière d’information, une tentative « manifeste de contourner les règles d’achats in-App de l’App Store ». Enfin il a noté qu’il serait heureux de permettre et de faciliter la validation de la mise à jour de Spotify sur iOS, dès qu’elle sera conforme aux règles et réincorporera la fonction d’abonnement dans l’application.

Les possesseurs d’iPhone attaquent Apple

Récemment, la Cour suprême a statué contre Apple, affirmant que les consommateurs pourraient intenter une action en justice selon laquelle c’est à cause de la commission de 30% prélevé sur les ventes d’applications transitant sur sa vitrine de téléchargement que les développeurs et les entreprises sont obligés de faire répercuter sur eux le prix final.

D'autres développeurs poursuivent Apple

Des développeurs iOS ont lancé un recours collectif contre Apple, affirmant que l’éditeur d’iOS s’était accaparé le marché des applications iOS avec son App Store et s’est servi de son monopole pour mettre en œuvre des commissions et des frais « destructeurs de profits » pour les développeurs qui donnent vie aux produits Apple, selon les avocats de Hagens Berman.

Les développeurs ont déclaré qu'Apple maintenait depuis des années un monopole sur la vente et la distribution d'applications iOS et ont décidé de poursuivre l’éditeur devant un tribunal fédéral américain dans le but de mettre un terme à sa « monopolisation abusive de ce marché ». L’action en justice vise le statut d’action collective, de sorte qu’elle pourrait potentiellement représenter toute personne ayant déjà vendu une application iOS aux États-Unis.


Il ne fait aucun doute qu'Apple a un contrôle presque complet sur la distribution des applications iOS. À quelques exceptions près, toutes les applications doivent passer par l’App Store et toutes doivent se conformer aux règles d’Apple pour pouvoir accéder aux plateformes matérielles d’Apple. La question est de savoir si le fait qu’Apple maintient un tel contrôle constitue une situation de monopole illégal.

Les plaignants, les développeurs d'une application pour trouver des prénoms de bébés et d'une application d'entraînement en basket-ball, affirment qu'Apple « étouffe l'innovation », déprécient les achats réalisés avec et au sein d'applications iOS et limite le développement global en appliquant de telles règles strictes.

Déjà des retombées sur les actions des GAFA à l’annonce d’une menace

L’examen renouvelé d’Apple fait partie d’un objectif plus général des grandes autorités antitrust américaines. En effet, le gouvernement américain se prépare à enquêter pour savoir si Amazon, Apple, Facebook et Google font un usage abusif de leur énorme pouvoir de marché, pavant le chemin de ce qui pourrait être la plus grande enquête américaine sur des entreprises figurant parmi les plus importantes du monde.

La Federal Trade Commission et le ministère de la Justice, qui appliquent les lois antitrust aux États-Unis, se sont partagées l’examen de ces quatre sociétés : Amazon et Facebook étant sous la surveillance de la FTC, et Apple et Google sous celle du ministère de la Justice.

La FTC réfléchit déjà aux conséquences pour Facebook liées à son enquête visant à déterminer si l’entreprise avait enfreint un décret de consentement de 2011 sur la gestion des données des utilisateurs. Facebook a déclaré aux investisseurs que cette amende pourrait être comprise entre 3 et 5 milliards de dollars.

Source : CNBC

Et vous ?

Que pensez-vous des affirmations de Tim Cook ?

Voir aussi :

Vente de smartphones : Huawei enregistre la plus forte croissance et reste second malgré son absence aux USA, d'après les statistiques de Gartner
La Chine s'apprête à publier sa liste d'entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché comme l'ont fait les USA avec Huawei
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 11:48
La FTC exige des données sur les rachats de sociétés de Google, Amazon, Apple, Facebook, Microsoft,
A cause des préoccupations de comportements potentiellement anticoncurrentiels

Les géants de la Silicon Valley ne divulguent pas toujours toutes leurs acquisitions, surtout lorsque les fusions et acquisitions concernent des petites entreprises dans le secteur très concurrentiel de la technologie. Cependant, ces opérations des grandes entreprises de la technologie pourraient poser des questions plus importantes sur la manière dont elles utilisent leur pouvoir financier et leur influence sur le marché de manière anticoncurrentielle.

Préoccupée par ce qu’elles pourraient s'engager injustement dans un comportement potentiellement anticoncurrentiel, la Commission fédérale du commerce (FTC) a émis des ordonnances spéciales à l'encontre de cinq grandes entreprises technologiques, en l’occurrence l'unité Google d'Alphabet, Amazon.com, Apple, Facebook et Microsoft, « leur demandant de fournir des informations sur les acquisitions antérieures non déclarées aux agences antitrust en vertu de la loi Hart-Scott-Rodino (HSR) », d’après le communiqué de la FTC.


Les cinq géants de la technologie devront faire preuve de transparence et rendre compte de chaque transaction qu'elles ont conclue - que les médias aient ou non divulgué les détails de l'acquisition – y compris les conditions (c'est-à-dire le prix et autres détails financiers), la portée, la structure et l'objectif de chaque transaction effectuée entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2019. Ces demandes surviennent alors que le ministère de la Justice, la FTC, les procureurs généraux des États et la commission judiciaire de la Chambre des représentants enquêtent sur les grandes plateformes technologiques, accusées d'utiliser injustement leur influence pour défendre leur part de marché ou s'étendre aux marchés adjacents.

En septembre dernier, dans le cadre de la vaste enquête antitrust qui cible ces entreprises aux États-Unis, un panel de la Chambre des représentants des États-Unis a exigé des courriels internes, des informations financières détaillées et d'autres dossiers d’entreprise de la part des dirigeants d'Amazon, Facebook, Apple, et de Google. Les demandes portaient sur des informations détaillées sur leurs opérations internes, y compris des données financières sur leurs produits et services, des discussions privées sur des cibles potentielles de fusion et des dossiers relatifs à « toute enquête préalable » à laquelle elles ont été confrontées pour des raisons de concurrence.
Dans un avis sur l'enquête partagé mardi, la FTC a déclaré :

« Les ordonnances aideront la FTC à approfondir sa compréhension des activités d'acquisition des grandes entreprises technologiques, notamment la manière dont ces entreprises déclarent leurs transactions aux agences antitrust fédérales, et à déterminer si les grandes entreprises technologiques procèdent à des acquisitions potentiellement anticoncurrentielles de concurrents naissants ou potentiels qui se situent en dessous des seuils de déclaration du HSR et n'ont donc pas besoin d'être déclarées aux agences antitrust ».

Joseph Simons, président de la FTC, a déclaré que les avis émis aux entreprises de haute technologie étaient destinés à la recherche, mais n'a pas exclu la possibilité de prendre des mesures rétroactives à l'égard de ces acquisitions passées. « Si, au cours de l'étude, nous constatons que certaines transactions sont problématiques, nous pourrions revenir en arrière et prendre des mesures coercitives pour traiter ces transactions », a déclaré M. Simons.

Les géants de la technologie ont fait l’objet de nombreux critiques de la part des deux partis politiques, les républicains étant irrités par ce qu'ils disent être un étouffement des voix conservatrices sur les médias sociaux et les démocrates étant furieux contre le pouvoir écrasant de ces entreprises. La sénatrice Elizabeth Warren, dans la course pour la candidature aux élections présidentielles 2020, a explicitement demandé aux régulateurs fédéraux d'annuler les « fusions anticoncurrentielles », notamment les achats de Whole Foods et Zappos par Amazon, l'achat de WhatsApp et Instagram par Facebook et les acquisitions de Waze, Nest et DoubleClick par Google.

La plupart des critiques des politiciens et acteurs du domaine de la technologie ont porté sur ces transactions concernant les acquisitions mentionnées ci-dessus, mais ces entreprises ont également dépensé des milliards pour des entreprises plus petites, ce qui a considérablement modifié le paysage concurrentiel dans les secteurs technologiques émergents, a rapporté Reuters.

« Ils ont créé un véritable marché des startups »

L'agence fédérale a demandé à chaque entreprise d'identifier les transactions trop petites pour être signalées à la FTC et au ministère de la Justice afin qu’elle évalue les fusions pour vérifier leur conformité avec la législation antitrust. Paul Holland, associé général de Foundation Capital, a déclaré que les achats fréquents de startups par les grands acteurs technologiques ont été une épée à double tranchant.

« Ils ont créé un véritable marché pour les startups. Ils ont créé une destination pour elles », a-t-il déclaré. Mais également, à cause du nombre limité d'acquéreurs potentiels, ils ont créé un « environnement concurrentiel oligopolistique » pour ces ventes, a rapporté Reuters.

Facebook a acquis des dizaines d'entreprises entre 2010 et 2019, selon les données de S&P Global Market Intelligence, y compris des acquisitions spectaculaires comme WhatsApp et Instagram ainsi que des transactions plus petites dans les domaines de la technologie publicitaire, de la reconnaissance faciale et de l'analyse sociale, selon Reuters. Google a dépensé des milliards de dollars pour un nombre indéterminé de petites acquisitions en 2019, y compris des opérations comme Fitbit pour 2,1 milliards de dollars et Looker pour 2,6 milliards de dollars, selon les dépôts de titres. Beaucoup étaient des entreprises travaillant sur la recherche en intelligence artificielle et les services de cloud computing, des domaines dans lesquels Google tente d'innover rapidement et a cherché à stimuler l'embauche.


Quant à Apple, à l'exception de son achat de 3 milliards de dollars de la société de casques d'écoute et de streaming Beats en 2014, la société a surtout fait de petites transactions évaluées à moins de 500 millions de dollars au cours de la dernière décennie, en s'emparant de petites entreprises travaillant sur des technologies clés telles que les écrans de réalité augmentée, les capteurs de caméra et les logiciels d'intelligence artificielle, dont Drive.ai. Microsoft a acquis, au cours de l'exercice 2019, 19 petites acquisitions pour 1,6 milliard de dollars, a rapporté Reuters. Ses acquisitions se sont focalisées sur le marché des logiciels de gestion, avec des acquisitions majeures telles que le réseau social LinkedIn pour les professionnels du monde des affaires et le site de dépôt de code GitHub.

Dans un communiqué, les responsables de la FTC ont affiché leur intention d’étudier « des centaines » d'acquisitions faites par les entreprises et de terminer leur étude « rapidement ». Mais Matt Stoller, directeur de recherche de l'American Economic Liberties Project et critique virulent des grandes entreprises technologiques, a déclaré : « Cela dépend de ce qu'ils en font ». « Je ne dirai pas que c'est bon tant qu'ils n'auront pas fait quelque chose qui aura un impact sur le pouvoir ».

La marche vers la notification préalable des plus petites acquisitions

Les ordonnances spéciales adressées aux entreprises sont également conçues pour identifier les domaines qui nécessitent une application plus stricte de la législation antitrust, d’après le communiqué de l’agence. Dans le communiqué, la FTC décrit comment elle veut utiliser les informations pour mieux informer sa politique, a-t-elle dit, et décider comment réformer ses politiques pour mieux les adapter aux pratiques du marché.

« La FTC dispose d'un droit légal, en vertu de la loi HSR, d'examiner les acquisitions et les fusions dépassant une certaine taille avant qu'elles ne soient réalisées, et l'étude aidera la Commission à déterminer si des opérations supplémentaires devraient être soumises à des obligations de notification préalable aux fusions », a-t-elle noté. « Les ordonnances contribueront aussi largement à la compréhension des marchés technologiques par la FTC, et soutiendront ainsi son programme d'application vigoureuse et efficace pour promouvoir la concurrence et protéger les consommateurs sur les marchés numériques ».

Cela voudrait dire essentiellement que certains petits contrats qui échappaient à la procédure de la notification préalable devront être déclarés de la même manière que les grandes entreprises déclarent les contrats plus importants. Jusqu'à présent, les entreprises n'étaient pas tenues de communiquer certains détails sur les opérations - ou même les opérations elles-mêmes - à moins qu'elles n'aient un impact important sur l'entreprise, comme le précise la loi Hart-Scott-Rodino.

La FTC a noté que ce qu'elle exige comprend le même type de détails que ceux qui sont généralement demandés dans le cas du HSR, notamment « des informations et des documents sur les stratégies d'acquisition de l'entreprise, les accords de vote et de nomination au conseil d'administration, les accords pour l'embauche de personnel clé d'autres entreprises, et les engagements post-emploi de ne pas faire concurrence. Enfin, les ordonnances demandent des informations relatives au développement et à la tarification des produits après l'acquisition, notamment si et comment les actifs acquis ont été intégrés et comment les données acquises ont été traitées », lit-on dans l’avis de l’agence.

Attendons de voir si cette enquête empêchera Google et les autres géants de la Silicon Valley de continuer à absorber les startups technologiques.

Source : FTC

Et vous ?

Que pensez-vous des demandes de la FTC ?
La FTC mettra-t-elle fin aux acquisitions des startups par les grandes plateformes technologiques ?
Pensez-vous qu’une saine concurrence est encore possible entre les grandes plateformes et les plus petites dans le milieu de la technologie ?

Lire aussi

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Apple achète Drive.ai, une entreprise de conduite autonome, quelques jours avant qu'elle ne ferme ses portes, et embauche certains de ses ingénieurs
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Avatar de Axel Lecomte
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 9:34
Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust,
une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

Les patrons des GAFA, Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezoz (Amazon), ont été auditionnés hier par la Commission judiciaire de la Chambre des représentants du Congrès américain. Celle-ci enquête depuis plus d'un an sur la possibilité d'abus de position dominante par ces géants du numérique ainsi que sur la pertinence des lois antitrust existantes et de leur application. L'audience a été marquée par des échanges tendus entre les participants et une menace du président américain de forcer les Big Tech à être « équitables » avec des décrets.


« Ils ont trop de pouvoir »

« Ce que nous avons entendu des témoins à l'audience a confirmé les preuves que nous avons rassemblées au cours de l'année dernière », a déclaré David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence. De plus, celui-ci estime que les GAFA ont « trop de pouvoir » et qu'ils vont « certainement émerger [de la pandémie] encore plus forts et plus puissants qu'avant ».

Sundar Pichai a été le premier à être interrogé

Cicilline a commencé par accuser Google de vol. Il a notamment affirmé que Google avait volé des avis à Yelp Inc tout en menaçant de supprimer Yelp des résultats de recherche si la société s'y opposait. « Pourquoi Google vole-t-il du contenu à des entreprises honnêtes ? », a-t-il demandé.

Le PDG d'Alphabet a répondu qu'il aimerait connaître les détails de cette accusation. « Nous nous conduisons selon les normes les plus élevées », a-t-il indiqué.

David Cicilline lui a également demandé si Google utilisait sa surveillance du trafic Internet pour voir ce que faisait la concurrence. Sur ce point, Pichai a été vague et il ne semblait pas avoir contesté cette affirmation. « Nous essayons de comprendre les tendances à partir des données que nous pouvons voir », a-t-il affirmé.

L'élu républicain Jim Jordan a ensuite demandé à Sundar Pichai si Google aiderait l'ancien vice-président Joe Biden, candidat démocrate présumé à la présidence, à remporter les prochaines élections. « Nous soutenons les deux campagnes. Nous abordons notre travail de manière non partisane », a alors répondu Pichai.

Mark Zuckerberg a été particulièrement critiqué

Les membres du Congrès se sont acharnés sur le PDG de Facebook en dévoilant de nombreuses captures d'écran des échanges par mail entre Zuckerberg et d'autres dirigeants de Facebook. D'après les législateurs, Mark Zuckerberg considérait Instagram et WhatsApp comme des concurrents lorsque Facebook les a acquises. « Les entreprises sont naissantes, mais... si elles se développent à grande échelle, elles pourraient être très perturbatrices pour nous », avait indiqué Zuckerberg deux mois avant l'achat d'Instagram en 2012.

Dans un autre e-mail, le PDG du réseau social a admis qu'Instagram était une « menace » pour Facebook, tout en ajoutant : « Une chose à propos des startups est que vous pouvez souvent les acquérir ».

En réponse à ses accusations, Mark Zuckerberg a indiqué qu'Instagram était à l'époque une petite application de partage de photos.

L'élu démocrate Joe Neguse a ensuite dévoilé un e-mail de 2014 montrant que le directeur financier de Facebook qualifiait la stratégie d'acquisition de l'entreprise de « saisie de terres ». « Nous avons un nom pour cela ; c'est un monopole », a déclaré Neguse.

Pour sa part, la représentante Pramila Jayapal, une démocrate, a demandé à Zuckerberg si Facebook avait déjà copié ses concurrents comme Snapchat pour des raisons anticoncurrentielles. « Nous avons certainement adapté des fonctionnalités que d'autres ont introduites », a répondu Zuckerberg.

Pramila Jayapal est allée jusqu'à demander le nombre d'entreprises que Facebook a fini par copier. « Je ne sais pas », a répondu Zuckerberg.

Jeff Bezos indisponible pendant environ une heure à cause d'un problème technique

Le patron d'Amazon n'a pas pu s'exprimer pendant environ une heure en raison d'un problème technique. Il a pu répondre aux questions plus tard. Jeff Bezos a notamment été interrogé par Pramila Jayapal, qui lui demandait si Amazon utilisait les données de vendeurs tiers pour prendre des décisions de vente. Jeff Bezos a répondu que l'entreprise avait une politique contre des actions de ce genre. « Je ne peux pas garantir que cette politique n'a jamais été violée », reconnaît-il. « Si nous constatons que quelqu'un l'a violé, nous prendrons des mesures contre eux », a ajouté Jeff Bezos.

Pour Apple, les accusations portent principalement sur l'App Store

L'App Store d'Apple est le seul moyen pour les propriétaires de produits de la marque d'acheter et d'installer des logiciels. L'entreprise a fait face à de nombreuses critiques sur ce point. En effet, les législateurs ont indiqué que rien n'empêche son entreprise d'augmenter les commissions qu'elle facture dans l'App Store. « Les commissions d'Apple sont comparables ou inférieures aux commissions facturées par la majorité de nos concurrents », a déclaré Tim Cook. « Et elles sont largement inférieures aux 50 à 70 % que les développeurs de logiciels ont payé pour distribuer leur travail avant le lancement de l'App Store », a-t-il ajouté. D'ailleurs, Cook a précisé qu'Apple n'avait jamais augmenté les taux de commission de l'App Store depuis 2008 et qu'environ un quart des développeurs sont concernés par des augmentations de frais, car leurs applications nécessitent des capacités fournies par les appareils Apple pour fonctionner normalement.

D'après lui, les développeurs « peuvent écrire leurs applications pour Android ou Windows ou Xbox ou PlayStation ». « Nous avons une concurrence féroce du côté des développeurs et du côté des clients, qui est essentiellement si compétitive que je la qualifierais de combat de rue », a-t-il ajouté.

En outre, « Apple n'a pas de part de marché dominante sur aucun des marchés où nous exerçons nos activités », s'est défendu Tim Cook. « Le marché des smatphones est extrêmement concurrentiel et des entreprises comme Samsung, LG, Huawei et Google ont bâti des entreprises de smartphones très réussies offrant différentes approches » a abondé le patron de la firme de Cupertino.

Trump menace d'imposer l'« équité »

Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer l'« équité » aux géants du numérique via des décrets. « Si le Congrès n'instaure pas l'équité au sein de la Big Tech, ce qu'il aurait dû faire depuis des années, je le ferai moi-même par des décrets. À Washington, cela n'a été depuis des années que des paroles, mais aucune action et les habitants de notre pays en ont assez ! », a averti Donald Trump sur Twitter.


Par ailleurs, les hauts responsables du comité ont affirmé qu’un rapport détaillé contenant des allégations antitrust contre les GAFA ainsi que des recommandations devrait être publié d’ici la fin de l’été ou au début de l’automne.

Source : Vidéo, Twitter

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi :

Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leurs pratiques anticoncurrentielles, disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises
50 États et territoires américains annoncent une vaste enquête antitrust sur Google, pendant que Facebook fait l'objet d'une enquête sur sa position dominante dans l'industrie des réseaux sociaux
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La FTC exige des données sur les rachats de sociétés de Google, Amazon, Apple, Facebook, Microsoft, à cause des préoccupations de comportements potentiellement anticoncurrentiels
GAFA : Bruxelles planche sur de nouvelles règles de base concernant le fonctionnement des marchés numériques, après de multiples actions antitrust qui n'ont pas favorisé la concurrence en Europe
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/10/2020 à 9:00
Facebook, Google, Apple et Amazon enfreignent la loi antitrust des USA d'après les conclusions d'une enquête parlementaire.
Les démocrates recommandent entre autres le démantèlement

Le comité judiciaire de la Chambre a publié ses conclusions sur la question de savoir si Amazon, Facebook, Apple et Google enfreignent la loi antitrust. Son rapport de 449 pages critique ces entreprises pour avoir acheté des concurrents, fais du favoritisme quant à leurs propres services et détenu un pouvoir démesuré sur les petites entreprises qui utilisent leurs plateformes. « Notre enquête a révélé un schéma alarmant de pratiques commerciales qui dégradent la concurrence et étouffent l'innovation », a déclaré Val Demings (Démocrate, de Floride), membre du comité. « La concurrence doit récompenser la meilleure idée, pas le plus gros compte d'entreprise. Nous prendrons les mesures nécessaires pour responsabiliser les contrevenants aux règles. »

Le rapport de la majorité présente un certain nombre de recommandations politiques concrètes qui, prises ensemble, changeraient radicalement le fonctionnement de l’industrie technologique. Il exhorte le Congrès à envisager d'adopter des règles de non-discrimination commerciale qui obligeraient les grandes entreprises à offrir des conditions égales aux entreprises vendant des produits et des services sur leurs plateformes. Il recommande d'interdire à certaines plateformes dominantes de faire de la concurrence dans des « secteurs d'activité adjacents » où elles auraient un énorme avantage.

« Pour dire les choses simplement, les entreprises qui étaient autrefois des startups rebelles et négligées qui remettaient en question le statu quo sont devenues les types de monopoles que nous avons vus pour la dernière fois à l'époque des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer », indique le rapport. « En contrôlant l'accès aux marchés, ces géants peuvent choisir des gagnants et des perdants dans toute notre économie. Non seulement ils exercent un pouvoir énorme, mais ils en abusent également en facturant des frais exorbitants, en imposant des conditions contractuelles oppressives et en extrayant des données précieuses des personnes et des entreprises qui en dépendent ».

Plus largement, il suggère que le Congrès définisse une nouvelle norme pour les violations des lois antitrust, déclarant que les lois devraient être « conçues pour protéger non seulement les consommateurs, mais aussi les travailleurs, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie équitable et les idéaux démocratiques ».


Le rapport a été retardé en raison de désaccords politiques au Congrès. Le New York Times a rapporté que les républicains se sont séparés de la majorité démocrate sur des solutions proposées au comportement monopolistique et qu'ils étaient contrariés par le fait que le rapport n'ait pas discuté des allégations selon lesquelles les entreprises de technologie discriminent les utilisateurs conservateurs.

La réaction d'un républicain de la sous-commission

Il n'est pas encore clair si les républicains de la sous-commission souscriront aux recommandations complètes de la majorité démocrate. Ken Buck, un membre républicain de la sous-commission, a déclaré que le rapport contenait des recommandations qui sont inacceptables pour les conservateurs. Bien qu'il existe une demande bipartite pour réduire le pouvoir des plus grandes entreprises technologiques, le comité n'a pas réussi à se fixer sur une vision unique de la manière d'aller de l'avant.

Dans un mémo intitulé « La troisième voie », Buck aboutit à certaines des mêmes conclusions. Il fait l'éloge de la majorité pour avoir proposé « des ressources et des outils supplémentaires » pour les agences de réglementation antitrust, y compris des modifications de la norme relative aux effets anticoncurrentiels, mais il rompt avec le rapport primaire sur un certain nombre de questions, comme les règles de non-discrimination. « Je suis d'accord avec environ 330 pages du rapport majoritaire, que ces entreprises technologiques ont agi de manière anticoncurrentielle », a déclaré Buck. « Il est très courant que les républicains et les démocrates s'entendent sur un problème et proposent différentes solutions pour résoudre un problème. »

Buck dit partager les craintes des démocrates sur la toute-puissance des géants de la technologie, notamment leur appétit pour des « acquisitions meurtrières » destinées à supprimer la concurrence, mais il estime que le démantèlement n’est pas la solution au problème. Par ailleurs, l’élu républicain a indiqué qu'il s’opposerait notamment à tout projet obligeant les GAFA à limiter leurs activités à un seul et unique secteur. Il est peu probable que les républicains soutiennent les réformes plus agressives des démocrates, selon le mémo.

Les GAFA sont dans le collimateur des autorités politiques qui les accusent depuis un certain temps d’être trop puissants pour respecter les règles. Le premier réseau social au monde Facebook est également le propriétaire de la messagerie WhatsApp et du site de partage de photos Instagram. Google de son côté, premier moteur de recherche sur Internet au monde, détient le site de partage de vidéos YouTube et le système d’exploitation mobile Android qui équipe l’immense majorité des smartphones vendus dans le monde. Amazon, pour sa part, leader mondial du commerce électronique, est aussi un géant du Cloud Computing.

« Cette proposition est un appel à peine voilé pour démanteler les grandes entreprises technologiques. Nous ne sommes pas d’accord avec l’approche de la majorité (démocrate à la Chambre) », a écrit Ken Buck.


Vers la voie du démantèlement ?

Les recommandations majoritaires pourraient avoir des conséquences considérables pour les plus grandes entreprises technologiques. Elles restreindraient les secteurs d'activité dans lesquels les entreprises dominantes pourraient opérer, divisant potentiellement de nombreuses entreprises en entités distinctes.

Bien que sévères, ces actions empêcheraient les entreprises technologiques de surpasser leurs concurrents sur leurs propres plateformes (et plus important encore, d'utiliser leur position privilégiée sur ces plateformes pour obtenir un avantage injuste). « En fonctionnant comme des intermédiaires critiques qui sont également intégrés dans tous les secteurs d'activité, les plateformes dominantes sont confrontées à un conflit d'intérêts majeur », indique le rapport. « Les données de surveillance qu'ils collectent grâce à leur rôle d'intermédiaire leur permettent d'exploiter ce conflit avec une précision inégalée. »

Les législateurs recommandent également une barre plus élevée pour les acquisitions par les entreprises technologiques dominantes, stimulées par les centaines d'acquisitions répertoriées dans l'annexe du rapport. Pour équilibrer les règles du jeu, le rapport suggère un changement de présomption pour toute demande de rachat soumise par une grande entreprise de technologie. « En vertu de ce changement, toute acquisition par une plateforme dominante serait présumée anticoncurrentielle à moins que les parties directement concernées ne puissent montrer que la transaction était nécessaire pour servir l'intérêt public », indique le rapport.

À la base de tout cela, il y aurait une application plus vigoureuse de la loi antitrust, rendue possible par des modifications ciblées des lois existantes. En particulier, le rapport demande au Congrès de reformuler les lois antitrust existantes, « précisant qu'elles sont conçues pour protéger non seulement les consommateurs mais aussi les travailleurs, les entrepreneurs, les entreprises indépendantes, les marchés ouverts, une économie juste et les idéaux démocratiques. » S'ils sont approuvés par le Congrès, ces changements autoriseraient des actions anti-monopole plus agressives bien au-delà de l'industrie technologique, renversant la norme de bien-être des consommateurs qui a guidé la loi antitrust américaine pendant 40 ans.

« Tels qu'ils existent aujourd'hui, Apple, Amazon, Google et Facebook possèdent chacun un pouvoir de marché significatif sur de larges pans de notre économie. Ces dernières années, chaque entreprise s'est développée et a exploité son pouvoir du marché de manière anticoncurrentielle », ont déclaré le président du Comité judiciaire Jerrold Nadler (Démocrate de New York) et le chef du sous-comité antitrust David Cicilline (Démocrate du Rhode Island) dans un communiqué. « Notre enquête ne laisse aucun doute sur le besoin clair et impérieux que le Congrès et les organismes chargés de l'application des lois antitrust prennent des mesures.»

Sources : rapport et recommandations du sous-comité judiciaire, mémo Ken Buck

Et vous ?

Pour ou contre le démantèlement des GAFA pour résoudre les problèmes liés à la concurrence ? Pourquoi ?
Que pensez-vous de la proposition visant à restreindre le secteur d'activité des entreprises ?
Que pensez-vous de la proposition visant à considérer dès le départ toute demande de rachat émis par une grande enseigne technologique comme étant anticoncurrentielle ?

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Le 17/09/2020 à 13:14
Antitrust : Google affirme qu'il ne monopolise pas le marché de la publicité numérique,
mais les sénateurs ne sont pas de cet avis

Mardi, Google s’est présenté devant une sous-commission sénatoriale américaine pour répondre de questions liées aux allégations qui l’accusent d’exercer un monopole sur le marché de la publicité en ligne. Et comme l’on pouvait s’y attendre, Google a nié ces allégations, disant que le marché est aussi ouvert qu’il ne peut l’être. La société maintient cette position, alors qu’un rapport de l’autorité de la concurrence britannique (CMA) en décembre 2019 a révélé que Google et Facebook réunissaient 70 % de toutes les dépenses liées à la publicité dans le pays, Google ayant la plus grande part.

La question du monopole des GAFAM sur les différentes sphères du Web est sur la table depuis des années déjà, et la majorité des gouvernements conviennent qu’il y a lieu de trouver une solution en vue de développer un marché équitable pour toutes les entreprises, mais aussi pour encourager la concurrence. Ainsi, dans le cadre des enquêtes antitrust qui le visent, un haut cadre de Google, en la personne de Donald Harrison, a été confronté mardi au Sénat à un interrogatoire bipartite sur la domination de l'entreprise dans le domaine de la publicité numérique.

Google nie détenir un monopole et estime qu’il existe une concurrence

Notons que les activités de recherche et de publicité massives de Google sont au cœur des enquêtes du ministère de la Justice et de presque tous les procureurs généraux de l'État. Le ministère s'apprêterait à intenter un procès à la société dans les prochaines semaines. Mardi, les sénateurs ont interrogé Donald Harrison, le président de la division “Global Partnerships and Corporate Development” de l’entreprise, sur la portée et l'ampleur de l'activité de publicité numérique de Google. Les questions ont concerné dans un premier les outils publicitaires de la société.

« Connaissez-vous une autre société qui exerce ce genre de concentration et de domination à tous les niveaux de la pile publicitaire », a demandé le sénateur Josh Hawley, R-Mo, en référence à la collection d'outils reliant les annonceurs aux éditeurs. « Google est impliqué dans presque toutes les étapes de la chaîne, partant des annonceurs qui cherchent à placer leurs annonces aux éditeurs qui vendent de l'espace sur leurs sites Web », a fait remarquer le sénateur. En plus de cela, le sénateur Hawley n’a pas hésité à rappeler les conclusions du régulateur antitrust du Royaume-Uni, la CMA.


Harrison, témoignant à distance par vidéo, a répondu que « les éditeurs et les annonceurs ont d'autres choix que Google ». Il a souligné le fait que les prix de la publicité numérique ont baissé au fil des années, la preuve que la concurrence est robuste. La réponse de Harrison signifie en effet que les annonceurs portent volontairement leur choix sur l’entreprise. Selon lui, il s’agit d’une chose qui n’a aucun trait monopoliste. Cet aspect de la chose, certains l’expliquent par le fait que Google représente un opérateur historique aux yeux des annonceurs et des gens en général.

Il bénéficie d’avantages considérables sur le marché, dont le trafic Web via son moteur de recherche et les données qui en découlent. Il faut en effet avoir accès à des données personnelles pour faire de la publicité ciblée, ce qui n’est pas le cas de toutes les entreprises engagées dans le secteur, mis à part Facebook. Ainsi, les analystes estiment que c’est cela qui lui confère une position dominante. Google utilise ensuite les données acquises grâce à sa position dominante sur le marché pour créer des filiales afin de faire une concurrence déloyale aux autres entreprises du secteur.

La sénatrice Amy Klobuchar (D-Minn.) a demandé à Harrison “pourquoi le secteur de la publicité numérique ne devrait pas être réglementé pour éviter les conflits d'intérêts, les opérations personnelles inappropriées et les transactions qui utilisent des informations privilégiées, car les marchés financiers sont réglementés”. « Je pense qu'il y a un choix énorme. Je pense qu'il y a de nombreux concurrents. Je pense que les prix ont baissé. Je ne vois pas la défaillance du marché qui nécessiterait une réglementation », a déclaré Harrison en réponse à la question.

Par la suite, les sénateurs républicains ont aussi profité de l'occasion pour demander à Harrison si Google a un parti pris contre les conservateurs. La question fait référence à une plainte de longue date déposée par la droite et pour laquelle il existe peu de preuves. Les républicains, dont Hawley, Ted Cruz du Texas, ainsi que le président de la sous-commission Mike Lee de l'Utah, ont quand même tenté de présenter leurs plaintes sur les préjugés anti-conservateurs comme des preuves de l'influence indue de Google. Il aurait interdit un site Web conservateur de son réseau de publicité.

« Ce comportement n'est-il pas la preuve d'un pouvoir de marché ? », a demandé le sénateur Mike Lee. Harrison a répondu que les commentaires sur le site Web, le fédéraliste, avaient violé les politiques de Google contre le racisme. « Nous avons été clairs dans nos politiques que nos publicités ne peuvent pas apparaître à côté de ce genre de commentaires », a-t-il dit. Les enquêtes antitrust sur les grandes entreprises technologiques sont de plus en nombreux. Les PDG de Google, Facebook, Apple et Amazon ont témoigné ensemble devant une commission de la Chambre en juillet.

Les conclusions de l’enquête de la CMA sur Google et Facebook

Dans son rapport sur la publicité numérique en décembre 2019, la CMA a démontré que Google détient des positions dominantes dans différentes parties du marché des technologies publicitaires, allant de 40 % à plus de 90 %. Elle a révélé que, si les services fournis par ces entreprises (Google et Facebook) semblent être gratuits, les utilisateurs les paient d’une façon indirecte en fournissant leur attention et leurs données personnelles, que les plateformes utilisent pour vendre de la publicité. Au Royaume-Uni, les gens passeraient en moyenne 3 heures et 15 minutes en ligne chaque jour.

La CMA explique que plus d'un tiers de ce temps est passé sur des sites appartenant soit à Google (y compris YouTube), soit à Facebook (y compris Instagram et WhatsApp). De ce fait, le secteur de la publicité numérique a connu une croissance massive et vaut aujourd'hui environ 13 milliards de livres sterling, soit bien plus que toute autre forme de publicité. Selon les conclusions de l’enquête, Google a généré plus de 90 % de l'ensemble des revenus provenant des annonces de recherche au Royaume-Uni en 2018, avec des recettes d'environ 6 milliards de livres sterling.

La même année, Facebook a représenté près de la moitié des revenus de la publicité par affichage au Royaume-Uni, atteignant plus de 2 milliards de livres sterling. « “Grand” ne signifie pas nécessairement “mauvais” et ces plateformes ont déployé sur le marché des produits et des services très innovants et de grandes valeurs. Mais la CMA craint que leur position ne se soit ancrée, avec des conséquences négatives pour les personnes et les entreprises qui utilisent ces services au quotidien », a écrit l’organisme de régulation dans son rapport.

Selon la CMA, l'absence de réelle concurrence avec Google et Facebook pourrait signifier que les gens passent déjà à côté de la prochaine grande nouvelle idée d'un rival potentiel. Cela pourrait également se traduire par un manque de choix approprié pour les consommateurs et des prix plus élevés pour les annonceurs, ce qui pourrait entraîner la hausse des coûts des biens et services, notamment les vols, l'électronique et les assurances achetés en ligne. Mais ce n’est pas tout. L’enquête de la CMA a également étudié le sujet concernant la presse et les éditeurs.

À ce propos, elle estime que la position de Google et de Facebook sur le marché peut potentiellement saper la capacité des journaux et des autres éditeurs à produire du contenu de valeur, puisque leur part de revenus est réduite par les grandes plateformes.

Sources : Audience des sénateurs, L’enquête de la CMA

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

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Les USA envisagent une importante enquête antitrust sur Apple, Amazon, Google et Facebook, une menace qui fait chuter le prix des actions

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants

50 États et territoires américains annoncent une vaste enquête antitrust sur Google, pendant que Facebook fait l'objet d'une enquête sur sa position dominante dans l'industrie des réseaux sociaux

Le gouvernement américain s'apprête à poursuivre Google, pour avoir monopolisé les publicités en ligne, dans les prochains mois
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Le 05/06/2019 à 19:58
Les dirigeants d'Apple, Facebook, Google et Amazon seront appelés à témoigner,
dans l'enquête antitrust menaçant leurs entreprises

Les dirigeants de grandes entreprises technologiques seront invités à témoigner dans le cadre d’une enquête visant à déterminer si les entreprises font un usage abusif de leur énorme pouvoir de marché, a déclaré mardi le chef du sous-comité judiciaire de la Chambre des États-Unis à la tête de l'enquête.

Ces déclarations ont été faites après la publication d’un article sur Reuteurs affirmant que, sous couvert de l’anonymat, des sources ont déclaré que la branche exécutive américaine se préparait à lancer une enquête sur Amazon, Apple, Facebook et Alphabet (maison mère de Google), pavant le chemin pour ce qui pourrait être une vaste enquête sans précédent aux États-Unis sur certaines des plus grandes entreprises du monde.

Lundi, le Comité judiciaire de la Chambre des représentants a ouvert sa propre enquête sur la concurrence sur les marchés numériques. Républicains et Démocrates ont exprimé leur inquiétude face au pouvoir exercé par plusieurs de ces sociétés.

Le représentant David Cicilline a déclaré : « Il sera nécessaire que certains des dirigeants des sociétés de technologie participent à cette discussion ».

Le démocrate a ajouté qu'il préparait une liste de témoins et qu'il « s'attend à ce qu'un certain nombre d'entre eux témoignent devant le comité ou soient interrogés dans le cadre de l'enquête ».


Le chef républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a déclaré mardi lors d'une conférence de presse qu'il était nécessaire de surveiller les grandes entreprises de haute technologie telles que Google. « Je pense qu’il est juste que les gens l'examinent », a-t-il indiqué, en précisant qu'il ne voyait pas en quoi démanteler ces entreprises aiderait à résoudre les problèmes de confidentialité.

« Personnellement, je suis préoccupé par la vie privée », a déclaré McCarthy. Notant que quelques entreprises ont beaucoup de contrôle du marché, il a demandé: « cela permet-il au marché de fonctionner correctement ? »

Un sénateur estime qu’une enquête de cette complexité pourrait être mieux abordée par les organismes fédéraux

Le sénateur Mike Lee, un républicain, a néanmoins déclaré que la complexité des enquêtes antitrust pouvait être mieux gérée par les organismes fédéraux que le Congrès.

Le chef de la direction d'Apple, Tim Cook, a déclaré dans une interview accordée à CBS News que la société n’était pas en situation de monopole, affirmant que le fabricant d'iPhone contrôlait une part modérée du marché. Il a fait valoir qu’il n’était pas d'accord avec les appels au démantèlement lancés par certains politiciens américains.

« À cause de notre taille, je pense qu’avoir du contrôle est juste. Je pense que nous devrions être surveillés », a-t-il déclaré. Mais, a-t-il ajouté, « je ne pense pas que quiconque de raisonnable puisse en venir à la conclusion qu’Apple est en situation de monopole ».


Les commentaires de Cook ont ​​été diffusés le jour même où deux développeurs d’applications ont poursuivi Apple en justice pour son utilisation de l’App Store, affirmant que la société avait pris une commission injuste sur les ventes d’applications pour iPhone.

Les revendications sont centrées sur les mêmes pratiques d’Apple mises en évidence dans une action en justice intentée par les consommateurs, faisant valoir que les pratiques d’Apple avaient gonflé artificiellement le prix des logiciels sur l’App Store.

La Federal Trade Commission et le ministère de la Justice, qui appliquent les lois antitrust aux États-Unis, se sont partagé la surveillance des quatre sociétés : Amazon et Facebook sont tombés sous la surveillance de la FTC, tandis qu’Apple et Alphabet (Google) sont tombés sous celle du ministère de la justice.

La FTC a déjà enquêté sur le partage par Facebook de données appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique britannique, aujourd'hui disparu, Cambridge Analytica. En avril, Facebook a déclaré s’attendre à une amende pouvant atteindre 5 milliards de dollars de la part de l'organisme de réglementation.

Le propriétaire des rivaux de l'époque, Instagram et WhatsApp, compte plus de 1,5 milliard d'utilisateurs quotidiens et exerce une influence considérable dans de nombreux pays. Il a été critiqué pour avoir autorisé des publications trompeuses et des « fake news » sur son service.

Dans l'interview accordée à CBS, Cook a également déclaré que « les fake news n'étaient pas sous contrôle » et, en réponse à une question sur Facebook, avait ajouté: « Je m'inquiète de toute propriété qui introduit aujourd'hui des informations dans un flux.».

Les enquêtes pourraient avoir des implications financières pour les entreprises.

Source : Reuters

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Le 14/09/2019 à 9:24
Les e-mails d’Apple, Facebook, Amazon, Google, Google exigés dans l’enquête du panel de la Chambre des États-Unis
Pour élucider leurs pratiques commerciales et leurs acquisitions antérieures

La vaste enquête antitrust contre les géants américains de la technologie aux États-Unis est en train de prendre de l’ampleur. Vendredi dernier, un panel de la Chambre des représentants des États-Unis a exigé des courriels internes, des informations financières détaillées et d'autres dossiers d’entreprise de la part des dirigeants d'Amazon.com Inc., Facebook Inc, Apple Inc., et Google d'Alphabet Inc., élargissant l’enquête antitrust qui cible la Big Tech aux États-Unis, a rapporté Reuters dans un article publié vendredi.

Les e-mails, exigés par le panel pour le 14 octobre prochain, comprennent les courriels internes du PDG d'Apple Tim Cook, du PDG d'Amazon Jeff Bezos, du PDG de Facebook Mark Zuckerberg et du PDG d'Alphabet Larry Page. Il s’agit des communications privées des cadres supérieurs au cours de la dernière décennie et qui concernent, entre autres, les acquisitions de leur entreprise respective.

Les demandes, envoyées par les démocrates et les républicains à la commission judiciaire de la Chambre des représentants, demandent aux entreprises de partager des informations détaillées sur leurs opérations internes, y compris des données financières sur leurs produits et services, des discussions privées sur des cibles potentielles de fusion et des dossiers relatifs à « toute enquête préalable » à laquelle elles ont été confrontées pour des raisons de concurrence. Jerrold Nadler, démocrate et président du Comité judiciaire de la Chambre des représentants a déclaré :

« L'Internet ouvert a apporté d'énormes avantages aux Américains, y compris une vague d'opportunités économiques, des investissements massifs et de nouvelles voies pour l'éducation en ligne ». « Mais il est de plus en plus évident qu'une poignée d'entreprises ont réussi à s'approprier une part démesurée du commerce et des communications en ligne », a-t-il ajouté.


M. Nadler a signé les lettres avec le représentant républicain de rang Doug Collins et le représentant David Cicilline, qui préside le sous-comité antitrust et le républicain de rang Jim Sensenbrenner.

« Cette information est essentielle pour aider à déterminer si des comportements anticoncurrentiels ont lieu, si nos organismes d'application de la loi antitrust devraient enquêter sur des questions précises et si nos lois antitrust doivent être améliorées pour mieux promouvoir la concurrence sur les marchés numériques », a déclaré M. Collins dans un communiqué.

Les lettres des législateurs aux sociétés ne sont pas des demandes légales officielles, bien que le comité ait des pouvoirs clés pour obliger les quatre géants de la technologie à remettre les documents qui pourraient les éclairer sur la question de savoir si la domination de ces entreprises sur les marchés de la recherche, de la publicité, du commerce électronique et d'autres marchés numériques est due à des pratiques anticoncurrentielles, telles que l'engloutissement ou l'écrasement de concurrents, selon Reuters. Ces dossiers pourraient leur faire comprendre également dans quelle mesure les dirigeants ont participé ou ont été personnellement au courant de tout acte fautif.

Apple, qui a fait l'objet de critiques selon lesquelles les politiques et algorithmes de son App Store prennent en charge ses propres produits et étouffent les applications tierces, a vu ses actions chuter d'environ 1,8 % après l'ouverture du marché vendredi. Mais bien qu'Apple ait été mentionnée comme cible potentielle dans cette sonde, la lettre de la Chambre a fourni la première preuve concrète d'une vaste enquête antitrust, selon Reuters.

Lundi, le procureur général du Texas a dirigé un groupe de 50 procureurs généraux d'États et de territoires américains dans une enquête visant à déterminer si Google, leader mondial dans la recherche et la publicité en ligne, abuse de son pouvoir de marché dans la publicité, un mois après que le ministère de la Justice américaine ait ouvert une enquête sur les géants de la Silicon Valley pour déterminer s’ils se livrent à des pratiques anticoncurrentielles.

Google est régulièrement accusé de profiter de la position dominante de son moteur de recherche sur Internet pour orienter à leur insu les consommateurs vers ses propres produits et services au détriment de ceux de ses concurrents. En outre, l’entreprise est également soupçonnée de pratiques antitrust sur son service de vente d’espaces ou de liens publicitaires. Certains de ces procureurs généraux pensent aussi que ces agissements pourraient amener l’entreprise à ne pas protéger comme il le faut les informations personnelles de ses utilisateurs.

Le panel de la Chambre a demandé aux dirigeants des sociétés des informations sur leur part de marché, leurs concurrents, leurs principaux clients pour des produits spécifiques et des documents provenant d'autres enquêtes. Par ailleurs, le représentant David N. Cicilline, a posé vendredi 427 questions détaillées de suivi à Apple, Amazon, Facebook et Google qui touchent de nombreuses préoccupations soulevées lorsque les dirigeants des sociétés ont témoigné à une audience antitrust en juillet.

Des renseignements spécifiques exigés par les autorités auprès des géants américains de la technologie

Dans leur lettre adressée à Amazon, les législateurs américains ont demandé que le géant du commerce électronique fournisse des documents détaillés sur la façon dont il fixe les prix et présente ses produits aux côtés de ceux vendus par des vendeurs concurrents. Ils demandent également d'autres documents relatifs à ses nombreuses acquisitions, notamment la société de sécurité Ring et la chaîne d'épiceries Whole Foods. Les législateurs ont aussi posé plus de 150 questions au géant de la technologie au sujet des données qu'il recueille sur les vendeurs sur sa plateforme et les utilisateurs de ses produits Echo.


Concernant Facebook, les législateurs ont demandé au plus grand réseau social de leur remettre des documents dans lesquels Mark Zuckerberg aurait pu parler de ses rivaux corporatifs, dont l'application Vine, qui a été fermée depuis et deux services acquis plus tard par Facebook, Instagram et WhatsApp. Les enquêteurs sont également à la recherche de documents supplémentaires concernant les relations de Facebook avec les développeurs d'applications tiers.

Facebook se retrouve à nouveau mêlée à une enquête antitrust, un mois après l’amende de la FTC contre l’entreprise. Le 6 septembre, une autre coalition de huit États et territoire américains (New York, Colorado, Iowa, Nebraska, Caroline du Nord, Ohio, Tennessee et la capitale fédérale, Washington) a lancé une investigation pour enquêter sur le monopole et la domination de Facebook dans l'industrie des réseaux sociaux. À Washington, la Federal Trade Commission se penche à nouveau sur la société, en se concentrant sur ses acquisitions antérieures.

Avec Google, les législateurs ont demandé à la société de leur transmettre les courriels internes et autres documents relatifs à l’acquisition antérieure d'AdMob, YouTube, Android et DoubleClick, ainsi que les documents qu'elle a remis à d'autres gouvernements dans le cadre d'enquêtes antitrust antérieures. Google a été confronté à de multiples enquêtes de ce type ces dernières années, en particulier dans l'Union européenne, qui a infligé à la société une amende de plusieurs milliards de dollars pour violation des lois sur la concurrence.


Lors de la première partie des auditions lancée en juillet dernier, Google a essayé de convaincre le Congrès qu'il y a concurrence dans le secteur de la recherche en ligne, alors que les statistiques montrent qu'il a 92 % du marché. Adam Cohen, responsable de la politique économique de Google, a assuré qu’en matière de recherche en ligne, les consommateurs ont le choix. Serait-ce de la faute de Google si sa solution a plus de succès auprès des consommateurs, s’est-il interrogé.

Il a rappelé que Google était, non seulement, en concurrence avec des startups et d’autres grandes entreprises technologiques dans le domaine du commerce en ligne, mais également, sur de nombreux autres marchés existants et à venir, dans des domaines en développement variés tels que : les systèmes d’exploitation, les appareils et applications mobiles, les assistants vocaux, l’intelligence artificielle et le Machine Learning, la réalité virtuelle, les services aux entreprises, le Cloud, le mobile, la publicité numérique et bien plus encore.

Concernant Apple, des informations sur les préoccupations de l'App Store, telles que la décision de supprimer certaines applications de contrôle parental et sa politique concernant la possibilité pour les utilisateurs d'iPhone de définir par défaut des applications non Apple, lui ont été demandées.

En marge de son événement, l’édition 2019 de la WWDC, Tim Cook, le PDG d’Apple, a accordé une interview à CNBC pour se défendre contre les multiples accusations selon lesquelles la société aurait recours à des pratiques monopolistiques via son App Store. Selon M. Cook, Apple n'est pas en situation de monopole. Pour le justifier, il s’est appuyé sur la part de marché de l’iPhone dans le monde, qui est loin d’être dominante. Le PDG a indiqué que Samsung et Huawei, par exemple, sont plus avancés en termes de ventes d'appareils.

C’est en juillet dernier que le département de la Justice des États-Unis a déclaré qu'il enquêtait pour savoir « si et comment » les grandes entreprises de technologie dans le domaine de la « recherche, des médias sociaux et de certains services de détail en ligne » adoptent un comportement anticoncurrentiel.

Apple n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de Reuters. Amazon et Facebook ont refusé de le faire jusqu’à la publication du rapport de Reuters le vendredi. Quant à Google, il a fait référence à un billet de blog publié cette semaine qui disait que ses services « créent un choix pour les consommateurs ».

Les géants de la Silicon Valley ont souvent fait l’objet d’enquête antitrust, mais cette dernière promet de révéler d’énormes secrets relatifs aux pratiques sur les marchés des technologies. Attendons d’y voir clair.

Sources : Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que Google et autres livreront des documents dont la connaissance compromettra leurs activités ?
Quelle issue prévoyez-vous pour cette vaste enquête antitrust ?

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Le 16/05/2020 à 11:38
Le gouvernement américain s'apprête à poursuivre Google pour avoir monopolisé les publicités en ligne
dans les prochains mois

Le gouvernement américain se préparait, depuis le mois de juin 2019, à enquêter pour savoir si Amazon, Apple, Facebook et Google font un usage abusif de leur énorme pouvoir de marché. La Federal Trade Commission et le ministère de la Justice, qui appliquent les lois antitrust aux États-Unis, se sont partagées l’examen de ces quatre sociétés, selon Reuters, Amazon et Facebook étant sous la surveillance de la FTC, et Apple et Google sous celle du ministère de la Justice.

Selon The Wall Street Journal, le ministère de la Justice et une coalition de procureurs généraux des États devraient déposer une plainte antitrust contre Google dans les prochains mois. Le rapport du quotidien américain est conforme aux déclarations antérieures du procureur général William Barr, qui avait déclaré qu'il s'attendait à ce qu'une décision soit prise cet été. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a confirmé le calendrier général dans une déclaration au Journal, affirmant qu'il « espérerait que l'enquête se termine à l'automne », mais il ne s'engagerait pas à savoir si des accusations seraient déposées.

Ken Paxton, qui dirige l'enquête, a déclaré qu'ils ont parlé à des entreprises qui ont déclaré que le géant de la recherche et de la publicité en ligne leur a causé du tort. « Notre enquête antitrust sur Google n'a pas été ralentie par la pandémie de coronavirus. Nous espérons que l'enquête sera terminée d'ici l'automne. Si nous estimons qu'une plainte est nécessaire, alors nous irons au tribunal peu de temps après », a-t-il déclaré dans un communiqué. Paxton disait en février qu'il n'avait retiré aucune sanction possible, y compris la dissolution du géant de la recherche et de la publicité en ligne.


Google a déclaré qu'il ne commenterait pas les spéculations sur de potentiel litige. « Nous continuons de nous engager dans les enquêtes en cours menées par le ministère de la Justice et procureur général Paxton, et nous n'avons aucune mise à jour ou commentaire sur la spéculation », a déclaré un porte-parole de Google dans un communiqué par courrier électronique. Cette enquête est l'un des plus grands efforts du gouvernement américain pour réglementer Google, avec une coordination rare entre les autorités répressives des États et fédérales. Google a remis plus de 100 000 documents aux enquêteurs dans le cadre de l'enquête en cours.

Lors d'une conférence avec des journalistes jeudi dernier, Paxton a déclaré que l'objectif principal était la large portée du réseau de publicité en ligne de Google. « Nous pensons que Google possède 7000 points de données sur à peu près tous les êtres humains vivants. Ils contrôlent le côté achat [de la publicité en ligne], le côté vente et le marché qui nous préoccupe leur donne beaucoup trop de pouvoir. Nous sommes sur la bonne voie pour achever notre enquête et je pense que vous verrez les choses se produire assez rapidement », a déclaré Paxton aux journalistes. Des dizaines de procureurs généraux d'État, dirigés par New York, enquêtent également sur Facebook.

Source : The Wall Street Journal

Et vous ?

Que pensez-vous de cette enquête ?
Google risque-t-il une nouvelle sanction à l'issu de l'enquête ?
Selon vous, Google serait-il coupable de pratique antitrust pour la publicité en ligne ?

Voir aussi

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Le 24/07/2020 à 11:18
Trois législateurs chargés d'interroger les GAFA sur leur abus supposé de position dominante,
disposent de milliers de dollars d'actions dans ces entreprises

Le gouvernement américain enquête pour savoir si Amazon, Apple, Facebook et Google font un usage abusif de leur énorme pouvoir de marché pour étouffer la concurrence. La Federal Trade Commission et le ministère de la Justice, qui appliquent les lois antitrust aux États-Unis, se sont partagé l’examen de ces quatre sociétés ; Amazon et Facebook étant sous la surveillance de la FTC, et Apple et Google sous celle du ministère de la Justice.

Une fois la juridiction établie, l'étape suivante consiste pour les deux agences fédérales à décider si elles souhaitent ouvrir des enquêtes formelles.

Mais en attendant, trois des législateurs menant cette vaste enquête antitrust détiennent également des actions dans une ou plusieurs de ces sociétés, ce qui crée des conflits d'intérêts potentiels alors que l'enquête approche d'une étape importante, notamment avec les témoignages des PDG (Jeff Bezos d'Amazon, Tim Cook d'Apple, Mark Zuckerberg de Facebook et Sundar Pichai d'Alphabet, société mère de Google) qui doivent commencer lundi devant le comité judiciaire de la Chambre.

Mais le représentant Jim Sensenbrenner (du sous-comité antitrust de la Chambre) et les représentants. Zoe Lofgren et Steve Chabot possèdent également des actions dans ces sociétés, selon leurs dernières informations financières. Les trois membres du comité judiciaire de la Chambre seront chargés d'interroger les PDG de la technologie lundi.

Il n'est pas illégal pour les législateurs de détenir des actions dans des entreprises, même lorsqu'une enquête sur ces entreprises est en cours. Mais les avoirs pourraient créer des conflits d'intérêts potentiels ou miner la confiance du public dans l'enquête.

Sensenbrenner, un républicain du Wisconsin et le principal représentant du Parti républicain au sein du comité antitrust, possède plus de 98 000 $ d'actions dans les quatre sociétés réunies. Il possède 26 658 $ chez Apple, 27 035 $ sur Amazon, 37 384 $ dans Alphabet et 7 341 $ sur Facebook, selon ses derniers états financiers.

Lofgren, une démocrate californienne, détient entre 1 000 et 15 000 dollars d'actions Facebook, Apple et Alphabet chacune, selon ses plus récents états financiers. Elle a indiqué qu'elle avait vendu certaines de ces actions de chaque société au cours de la dernière année, sans toutefois préciser le montant exact qui avait été vendu.

Chabot, un républicain de l'Ohio, possède entre 15 000 et 50 000 dollars d'actions Facebook, selon ses plus récents états financiers.


Un porte-parole de Sensenbrenner a déclaré que les actions du membre du Congrès se trouvaient dans une fiducie créée par le défunt père de Sensenbrenner et qu'il ne gérait pas activement le portefeuille. Un porte-parole de Lofgren a déclaré que ses actions faisaient l'objet d'un roulement IRA géré par son mari et qu'elle ne gérait pas les avoirs.

Ce ne sont pas les premiers législateurs à attirer l'attention sur leurs possessions d'actions de sociétés sur lesquelles ils sont chargés d'enquêter. Stat News a rapporté lundi que les représentants Joe Kennedy et Michael Burgess sont membres d'un comité de la Chambre qui interrogera les sociétés pharmaceutiques sur la recherche sur le COVID-19, malgré le fait que les deux représentants détiennent des actions de ces sociétés.

Un abus de pouvoir qui étouffe la concurrence ?

Google

De nombreux concurrents de Google se sont plaints du fait que Google mette ses services, ainsi que ceux de ses partenaires, en premier plan dans le domaine de la recherche, érodant ainsi leur trafic organique. Après avoir noté que les consommateurs ne sont tout simplement plus satisfaits des 10 liens bleus des jours passés, Google a rétorqué que, malgré les changements, il continue d'envoyer une quantité considérable de trafic vers ces sites Web.

Pourtant, le Wall Street Journal a rapporté que la recherche de vidéos sur Google plaçait celles publiées sur sa plateforme YouTube plus haut que celles publiées sur les plateformes rivales, même lorsque ces vidéos avaient été publiées avant sur Facebook, Dailymotion et d'autres plateformes ou même si elles avaient obtenu plus de vues sur ces plateformes (Google a indiqué ne pas prendre en considération le nombre de vues qu'une vidéo reçoit lors du classement dans la recherche)

Sam Schechner, Kirsten Grind et John West du Wall Street Journal indiquent que :

« Les ingénieurs de Google ont apporté des modifications qui préfèrent effectivement YouTube à d'autres sources vidéo, selon des personnes familières avec le sujet. Au cours des dernières années, les dirigeants de Google ont décidé de donner la priorité à YouTube sur la première page des résultats de recherche, en partie pour générer du trafic vers YouTube plutôt que vers les plateformes des concurrents, et également pour donner à YouTube plus de poids dans les accords commerciaux avec les fournisseurs de contenu qui recherchent du trafic pour leurs vidéos, selon les dires d'une de ces sources. [...]


Une porte-parole de Google, Lara Levin, a déclaré qu'aucune préférence n'était accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos dans la recherche Google : « Nos systèmes utilisent un certain nombre de signaux provenant du Web pour comprendre quels résultats les gens trouvent les plus pertinents et utiles pour une requête donnée. Pour garantir que ces signaux sont utilisés de manière égale et équitable pour tous les sites, nous utilisons des signaux qui ne sont pas spécifiques à un site ou à une plateforme. Par conséquent, le nombre de vues, de "j'aime" ou de commentaires qu'une vidéo a reçus sur une plateforme donnée n'est pas un facteur dans nos systèmes de classement. Nos systèmes de classement vidéo utilisent les signaux de toutes les sources vidéo de la même manière - aucune préférence n'est accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos. »

La question sous-jacente ici est de savoir dans quelle mesure Google devrait être autorisé à présenter les résultats de recherche comme bon lui semble, quel que soit le coût pour les autres entreprises

Jusqu'à présent, le gouvernement américain ne s'est pas officiellement prononcé sur son cas, mais il est difficile d'examiner la recherche Google en 2020 et de conclure qu'elle s'est avérée d'une utilité concluante pour la concurrence. Quels que soient les signaux que les algorithmes de l'entreprise pourraient prendre en compte lors du classement des résultats de recherche, c'est toujours Google qui arrive en tête.

Apple

Il en va de même pour les autres GAFA. Le bras de fer entre Apple et le service d’e-mail Hey a levé le voile sur les règles qu'Apple applique à la tête du client. Avant cette année, Apple avait autorisé de nombreuses applications avec des modèles commerciaux similaires à Hey sur l'App Store et il n'était pas nécessaire que ces applications incluent des options d'achat intégrées. La société a également fait des exemptions célèbres pour de grands rivaux, comme Amazon et Netflix, qui ont soit désactivé la possibilité d'acheter des abonnements ou du contenu dans leur application ou ont, dans certains cas, dirigé les utilisateurs vers un navigateur pour ce faire.

La controverse a soulevé d'importantes questions sur la gestion par Apple de l'App Store et si le fabricant d'iPhone exerce un avantage anticoncurrentiel sur les services concurrents de développeurs tiers par le biais de sa taxe de 30 % et son application incohérente des règles de l'App Store.


Apple fait face à plusieurs problèmes, entre autres :
  • Match Group, le parent de Tinder, s'est prononcé cette semaine en disant qu'il n'était pas d'accord avec ses politiques, tout comme le créateur de Fortnite Epic Games.
  • Spotify, qui a déposé une plainte qui a contribué au lancement d’une enquête européenne antitrust, a également exprimé clairement son désaccord.

Apple est également critiqué pour empêcher les ateliers de réparations indépendants d'apporter des réparations à ses produits. Malgré le lancement de son programme de Réparation Indépendante qui est né après une bataille contre les organismes de défense des consommateurs qui a duré plusieurs années Gay Gordon-Byrne, directeur exécutif de Repair.org, qui travaille à l’adoption du projet Right To Repair, a estimé que « Ce geste est encore un écran de fumée » : « Ils vont simplement conserver le contrôle total du monopole de la réparation dans plus d'endroits ». En effet, le programme proposé par Apple a ses limites : pour adhérer au programme, le contrat stipule que les ateliers de réparation indépendants doivent accepter des audits et inspections inopinés par Apple, qui visent, au moins en partie, à rechercher et à identifier l'utilisation de pièces de rechange « interdites », et Apple se réserve le droit d'imposer des amendes au cas où il en découvrirait. Si les ateliers quittent le programme, Apple se réserve le droit de continuer à inspecter les ateliers de réparation sur une période de cinq ans. Apple exige également que les ateliers de réparation du programme partagent des informations sur leurs clients à sa demande, notamment les noms, numéros de téléphone et adresses personnelles.

Apple a également tenté de faire d'un atelier indépendant en Norvège un exemple pour décourager les réparateurs européens qui utilisent des pièces de rechange n'ayant pas été fournies par Apple pour réparer ses dispositifs.

Source : état des finances (Sensenbrenner, Logfren -1, 2 -, Chatbot), Stat News

Et vous ?

Pensez-vous qu'il soit possible de juger objectivement les activités d'une société dans laquelle nous détenons des actions ? Pourquoi ?
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/09/2020 à 13:47
Les autorités antitrust américaines vont accuser Google "d'écraser" la concurrence pour maintenir son monopole,
Les accusations se concentreraient sur les biais de la recherche, selon un rapport

Le gouvernement américain a préparé ce qui pourrait être le plus grand procès antitrust contre le moteur de recherche de Google, accusant la société de « concurrence écrasante pour protéger et étendre le monopole », a rapporté Bloomberg en citant des personnes qui connaissent bien le dossier. Le Washington Post a rapporté la semaine dernière que des responsables du ministère de la Justice avaient demandé aux avocats impliqués dans l'enquête antitrust sur Alphabet, la société mère de Google et YouTube, de conclure leurs travaux jusqu'à la fin du mois de septembre.

Le moteur de recherche de Google, l'une des entreprises les plus rentables de l'histoire, est sur le point de faire face à son plus grand défi. Après une enquête de 14 mois, le ministère de la Justice cherche à savoir si Google fausse les résultats de recherche pour favoriser ses propres produits et s'il utilise une main de fer sur l'accès aux utilisateurs pour écarter ses rivaux, a rapporté Bloomberg.


Ce sera le plus important procès antitrust aux États-Unis, car Google contrôle à 90 % le segment de la recherche en ligne dans le pays et génère un chiffre d'affaires enviable de 100 milliards de dollars. Les concurrents se plaignent depuis longtemps d'abus de pouvoir pour « étouffer la concurrence ». Le moteur de recherche décide du sort de milliers d'entreprises en ligne et a financé l'expansion de Google dans le domaine du courrier électronique, de la vidéo en ligne, des logiciels pour smartphones, des cartes, de l'informatique dématérialisée, des véhicules autonomes et d'autres formes de publicité numérique.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à s'inquiéter, mais n'ont pas engagé de poursuites contre la société depuis les premières enquêtes en 2013. Les autorités européennes de la concurrence, quant à elles, ont déjà infligé des amendes de plusieurs milliards d'euros à Google pour avoir enfreint les lois antitrust. Cependant, procureur général des États-Unis William Barr est maintenant sur le point d'entamer ce qui pourrait être la plus grosse affaire de monopole américain depuis que Microsoft a été poursuivie par le gouvernement il y a plus de deux décennies, ont confié les sources à Bloomberg. Les actions de Google ont baissé d'environ 1 % vendredi matin à New York, selon Bloomberg. Elles ont gagné environ 5 % cette année.

Alors que certaines les sources, qui connaissent bien l'affaire Google et qui ont demandé à ne pas être identifiées en discutant de questions privées, s'attendaient à ce que la plainte soit déposée dès cette semaine, ce délai sera probablement repoussé, peut-être à la semaine prochaine. Les procureurs généraux des États et les avocats du ministère de la Justice ont discuté des derniers préparatifs de l'affaire la semaine dernière à Washington.

Bloomberg a rapporté que des hauts fonctionnaires du ministère de la Justice ont rencontré des représentants de Google la semaine dernière pour discuter de deux volets de l'enquête : le biais de la recherche et la distribution des recherches, selon l'une des personnes qui connaissent l’affaire. Le biais de la recherche est l'allégation selon laquelle Google fausse les résultats pour favoriser ses propres propriétés, comme un service d'achat, des réservations de voyage et des listes d'entreprises locales.

Tandis que la distribution des recherches repose sur des accords avec les fabricants d'appareils et d'autres partenaires pour fournir par défaut des recherches Google aux utilisateurs. En 2018, Goldman Sachs a estimé que Google a payé 9 milliards de dollars à Apple Inc. pour que son moteur de recherche soit disponible sur le navigateur Web Safari d'Apple et sur d'autres sites de premier plan sur les appareils Apple.

Un document de recherche publié en juin par le réseau Omidyar, une organisation qui plaide pour une application plus agressive des lois antitrust contre les géants technologiques, a décrit plusieurs scénarios dans lesquels Google pourrait avoir violé les lois antitrust. L'accord d'exclusivité avec Apple a contribué à consolider son monopole en empêchant les concurrents d'atteindre les consommateurs, selon le document.

« Il est impossible pour les concurrents des petits moteurs de recherche de rivaliser avec les poches profondes de Google et de surenchérir sur des placements de valeur comme le navigateur d'Apple », a déclaré Gabriel Weinberg, PDG de DuckDuckGo, un fournisseur de recherche axé sur la protection de la vie privée qui s'est plaint de Google auprès du ministère de la Justice.

Lors de l’audition des PDG des GAFA devant le Congrès américain, la Commission judiciaire de la Chambre des représentants a accusé Google de vol. David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence a notamment affirmé que Google avait volé des avis à Yelp Inc tout en menaçant de supprimer Yelp des résultats de recherche si la société s'y opposait. Mais le PDG d'Alphabet a répondu qu'il aimerait connaître les détails de cette accusation. « Nous nous conduisons selon les normes les plus élevées », a-t-il indiqué.

« Un monde sans moteur de recherche par défaut » serait bénéfique pour les consommateurs

Dans une déclaration récente, un porte-parole de DuckDuckGo a déclaré que l'entreprise se réjouit que le DoJ va enfin prendre en main la question de domination de Google : « Nous sommes heureux qu'il semble que le DOJ - contrairement à tout autre gouvernement dans le monde - va enfin s'attaquer à l'éléphant dans la salle : la domination évidente, écrasante et anticoncurrentielle de Google dans le domaine de la recherche », a déclaré le porte-parole. Il a ajouté que « Les consommateurs bénéficieraient d'un monde sans moteur de recherche par défaut, où ils pourraient facilement choisir leur moteur de recherche préféré ».

Sous l'impulsion du procureur général William Barr, cela pourrait devenir la plus grande affaire de monopole du pays depuis le procès contre Microsoft en 1998. Elle s'inscrit également dans le contexte de la répression du président américain Donald Trump contre les entreprises technologiques américaines, qui invoque la censure politique.

William Kovacic, professeur de droit à l'Université George Washington et ancien président de la Fair Trade Commission (FTC), a déclaré à Bloomberg que le DoJ pourrait présenter des arguments similaires à ceux qu'il a utilisés « avec succès » contre Microsoft dans le passé pour « exiger l'exclusivité comme moyen d'exclure les rivaux ».

Google s'est engagé dans une série de pratiques visant à maintenir son contrôle sur le marché de la recherche et à empêcher ses concurrents de prendre de l'ampleur, a déclaré Gene Kimmelman, conseiller principal de Public Knowledge, qui a demandé au ministère de la Justice cet été d'enquêter sur la conduite de Google en matière de recherche. Les consommateurs sont perdants, car les concurrents ne peuvent pas proposer de meilleures offres de recherche, a-t-il dit.

« La recherche est la motivation fondamentale du modèle de comportement de Google, et tout semble conçu pour maintenir un monopole », a déclaré Kimmelman.

Le DoJ et les États étudient également la conduite de Google sur le marché des technologies publicitaires, où Google possède de nombreux systèmes qui diffusent des annonces sur le Web. Certains procureurs généraux démocrates informés de l'affaire souhaitent que le ministère de la Justice inclue la publicité technologique dans le procès et puisse déposer sa propre plainte après les élections de novembre, a déclaré l'une des sources de Bloomberg. Le DoJ n’a pas répondu à une demande de commentaire de Bloomberg.

En dehors des États-Unis, l’UE planche sur de nouvelles règles de base concernant le fonctionnement des marchés numériques, après de multiples actions antitrust qui n'ont pas favorisé la concurrence en Europe. Financial Times a rapporté ce mois que Bruxelles veut s'armer de nouveaux pouvoirs pour pénaliser Google et les autres grandes entreprises technologiques. Le plan proposé prévoit de forcer les géants de la technologie à démanteler ou à vendre certaines de leurs opérations européennes si leur domination du marché est jugée menacer les intérêts des clients et des petits rivaux.

Source : Bloomberg

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Selon vous, à quoi conduirait une éventuelle poursuite de Google par le DoJ ?

Voir aussi :

Les PDG des GAFA ont été auditionnés par le Congrès américain dans le cadre d'une enquête antitrust, une séance marquée par des échanges tendus entre les participants
GAFA : Bruxelles planche sur de nouvelles règles de base concernant le fonctionnement des marchés numériques, après de multiples actions antitrust qui n'ont pas favorisé la concurrence en Europe
Le ministère US de la justice s'entretient avec les bureaux des procureurs généraux des États, au sujet d'une plainte antitrust contre Google qui pourrait être déposée dans les prochains jours
Antitrust : Google affirme qu'il ne monopolise pas le marché de la publicité numérique, mais les sénateurs US ne sont pas de cet avis
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/07/2020 à 19:59
L'enquête antitrust américaine contre Google se rapproche à grands pas,
pour déterminer si l'entreprise fait un usage abusif de son énorme pouvoir sur le marché de la recherche

Des enquêtes sur la concurrence sont en cours contre les GAFA aux États-Unis et les PDG de ces sociétés devraient être entendus par la Chambre des représentants plus tard ce mois-ci via une réunion en ligne. Certains éléments indiquent que le cas contre Google ouvrira le bal.

Le contrôle des pratiques commerciales de l’entreprise s’est accéléré depuis. Politico a rapporté la semaine dernière que la Californie, qui avait suspendu une enquête menée par 48 procureurs généraux, se préparait à lancer sa propre enquête sur les pratiques de Google en matière de concurrence. Comme le notait Leah Nylen dans ce rapport : « L'Alabama est désormais le seul État à ne pas enquêter sur l'entreprise ».

De nombreux concurrents de Google se sont plaints du fait que Google mette ses services, ainsi que ceux de ses partenaires, en premier plan dans le domaine de la recherche, érodant ainsi leur trafic organique. Après avoir noté que les consommateurs ne sont tout simplement plus satisfaits des 10 liens bleus des jours passés, Google a rétorqué que, malgré les changements, il continue d'envoyer une quantité considérable de trafic vers ces sites Web.

Ailleurs, le Wall Street Journal a rapporté mardi que la recherche de vidéos sur Google plaçait celles publiées sur sa plateforme YouTube plus haut que celles publiées sur les plateformes rivales, même lorsque ces vidéos avaient été publiées avant sur Facebook, Dailymotion et d'autres plateformes ou même si elles avaient obtenu plus de vues sur ces plateformes (Google a indiqué ne pas prendre en considération le nombre de vues qu'une vidéo reçoit lors du classement dans la recherche)

Sam Schechner, Kirsten Grind et John West du Wall Street Journal indiquent que :

« Les ingénieurs de Google ont apporté des modifications qui préfèrent effectivement YouTube à d'autres sources vidéo, selon des personnes familières avec le sujet. Au cours des dernières années, les dirigeants de Google ont décidé de donner la priorité à YouTube sur la première page des résultats de recherche, en partie pour générer du trafic vers YouTube plutôt que vers les plateformes des concurrents, et également pour donner à YouTube plus de poids dans les accords commerciaux avec les fournisseurs de contenu qui recherchent du trafic pour leurs vidéos, selon les dires d'une de ces sources. [...]

Une porte-parole de Google, Lara Levin, a déclaré qu'aucune préférence n'était accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos dans la recherche Google : « Nos systèmes utilisent un certain nombre de signaux provenant du Web pour comprendre quels résultats les gens trouvent les plus pertinents et utiles pour une requête donnée. Pour garantir que ces signaux sont utilisés de manière égale et équitable pour tous les sites, nous utilisons des signaux qui ne sont pas spécifiques à un site ou à une plateforme. Par conséquent, le nombre de vues, de "j'aime" ou de commentaires qu'une vidéo a reçus sur une plateforme donnée n'est pas un facteur dans nos systèmes de classement. Nos systèmes de classement vidéo utilisent les signaux de toutes les sources vidéo de la même manière - aucune préférence n'est accordée à YouTube ou à tout autre fournisseur de vidéos. »


Et pourtant, malgré l'utilisation de tous ces signaux, YouTube reste le plus souvent le gagnant. Google parle souvent des résultats de recherche comme s'il s'agissait de phénomènes naturels, comme la gravité, plutôt que du résultat d'une prise de décision insufflée dans un algorithme.

La question sous-jacente ici est de savoir dans quelle mesure Google devrait être autorisé à présenter les résultats de recherche comme bon lui semble, quel que soit le coût pour les autres entreprises. L'Union européenne a infligé une amende à la société à trois reprises au fil des ans pour avoir agi d'une manière qui, selon elle, a nui à la concurrence.

Jusqu'à présent, le gouvernement américain ne s'est pas officiellement prononcé sur son cas, mais il est difficile d'examiner la recherche Google en 2020 et de conclure qu'elle s'est avérée d'une utilité concluante pour la concurrence. Quels que soient les signaux que les algorithmes de l'entreprise pourraient prendre en compte lors du classement des résultats de recherche, c'est toujours Google qui arrive en tête.

Notons que le mois dernier, des sources ont indiqué que des procureurs généraux d'États américains, qui enquêtent sur Google à la recherche d’éventuelles violations des lois antitrust, planchaient vers une incitation à la dissolution de son activité publicitaire.

« Les tribunaux sont très préoccupés par le fait que le démantèlement d’une entreprise puisse nuire aux consommateurs et aggraver la situation pour les personnes qui n’ont pas l’expertise pour le faire », a déclaré Stephen Houck, conseiller de Google qui a été l’un des avocats du gouvernement dans l’affaire antitrust de Microsoft il y a deux décennies.

Pour la défense de Google, un porte-parole de l'entreprise a déclaré dans un communiqué : « nous continuons de participer aux enquêtes en cours menées par le ministère de la Justice et le procureur général Paxton, et nous n’avons aucune mise à jour ou commentaire sur la spéculation. Les faits sont clairs. Nos produits de publicité rivalisent dans une industrie surpeuplée avec des centaines de concurrents et de technologies, et ont contribué à réduire les coûts pour les annonceurs et les consommateurs ».

Source : Politico, Wall Street Journal
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